Ils inventent pour soulager le handicap

Frédéric BRENON

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Gauthier, 9 ans, devant la tablette inventée par ses parents.
Gauthier, 9 ans, devant la tablette inventée par ses parents. — F. Elsner/20 MInutes

De leur propre aveu, ils ne sont « pas des experts du bricolage ». Pourtant, Christophe et Cathy Rohart sont parfois contraints de « faire preuve d'inventivité » pour résoudre les problématiques quotidiennes auxquelles est confronté leurs fils Gauthier, 9 ans, infirme moteur cérébral.

Portes coulissantes et mini-voiture


« Chaque handicap est unique alors que le matériel est souvent standard. Il manque certains détails, ou ce n'est pas très beau, en particulier pour les enfants. Des fois on ne trouve même rien d'adapté. Alors, comme d'autres parents, on se débrouille. » Cette famille de La Chapelle-sur-Erdre a ainsi déjà fabriqué une rampe pour fauteuil roulant, un système de portes coulissantes, un meuble-table à langer, une mini-voiture électrique de promenade…Leurs deux dernières inventions, une tablette-grenouille éducative pour «encourager Gauthier à se laver les dents par lui-même» et un sac de piscine « pour le changer au sol au sec », ont même remporté les 1er et 3e prix du concours « Papas bricoleurs et mamans astucieuses » organisé par l'association Handicap International, qui fête ses 30 ans. Constituées d'un miroir fixé à des planches de contreplaqué pour l'une, de morceaux de frite de piscine collés à du plexiglas pour l'autre, les deux créations ont coûté quelques heures de travail et «au maximum 50 € d'achat».

Car l'autre motivation qui pousse les familles à mettre la main à la pâte est financière. «Le handicap rajoute toutes sortes de frais matériels qu'on n'imagine pas au départ, confie le couple. Le sur-mesure est très cher et rarement pris en charge à 100 %. Pareil pour les accessoires et jouets spécialisés. On a l'impression que certains fabricants profitent de la faible demande et du manque de concurrence. Faire soi-même est plus intéressant. » Le concours « Papas bricoleurs » sert donc aussi de réservoir à idées. «On essaie de s'inspirer des autres, surtout qu'il n'y a souvent rien de compliqué. L'intérêt c'est de faire partager et que le plus grand nombre en tire bénéfice », explique la famille.