L'hôtel comme hébergement d'urgence

Frédéric Brenon

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Certains hôtels sont occupés essentiellement par des familles en attente de régularisation.
Certains hôtels sont occupés essentiellement par des familles en attente de régularisation. — F. Elsner/20 Minutes

Les associations nantaises membres des collectifs Unis contre une immigration jetable et Un toit pour toutes et tous ont décidé de taper du poing sur la table pour dénoncer le «recours trop systématique» aux hôtels comme hébergement d'urgence. Faute de places dans les autres structures, près de 250 chambres seraient actuellement payées par la préfecture pour loger des demandeurs d'asile.

Une quinzaine d'hôtels sont concernés, notamment dans le quartier de la gare de Nantes. « Les conditions de vie y sont difficiles pour les familles, fustigent les collectifs. Il n'est pas rare de voir quatre à cinq personnes entassées dans 12 m2. Faire la cuisine y est impossible. Sans compter les problèmes de transport pour les hôtels situés loin du centre-ville. »

Hôteliers et impayés


Autre souci : le « gâchis financier ». « Une chambre d'hôtel coûte environ 1 800 € par mois. L'équivalent de trois loyers d'appartements. » Enfin, lorsque la demande d'asile est rejetée, l'Etat « arrête de payer ». « L'hôtelier reste alors seul face aux impayés et les familles se retrouvent sous pression. Certains n'attendent pas le jugement d'expulsion et vident eux-mêmes les affaires ou changent les serrures. » Exilé du Kosovo, Arjan* vit depuis cinq mois avec sa femme et trois enfants dans une double-chambre qui n'est plus payée et dont le chauffage est défectueux. « On se chauffe avec un four électrique, montre-il. Le patron veut qu'on parte. Mais on ne sait pas où aller. On est fatigués. » Les collectifs réclament la création de places nouvelles, notamment dans les bâtiments publics inoccupés.

La préfecture réagit


Interrogé, le secrétaire général de la préfecture, Pierre Stussi, critique cette « volonté du toujours plus. Près 30 % des places d'hébergement sont occupées par des déboutés. Cela signifie plus de 200 personnes sans titre hébergées aux frais du contribuable. S'ils n'étaient plus sur le territoire, la situation serait moins tendue. »