La cogestion en réponse à l'échec scolaire

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C'est un certain Gabriel Cohn-Bendit, prof d'allemand contestataire et médiatisé (frère de Daniel), qui, après les élections de 1981, a su convaincre l'Education nationale de la viabilité du projet de lycée expérimental à Saint-Nazaire. « Et ce, malgré l'hostilité des élus locaux qui pensaient voir débarquer dans la ville des marginaux asociaux », rappelle-t-il. Créé en février 1982 avec le soutien d'Alain Savary, ministre de l'Education de l'époque, l'établissement accueille aujourd'hui 120 jeunes qui n'ont pas trouvé leur place dans le système éducatif classique. Bien qu'étant une annexe du lycée public Aristide-Briand, son fonctionnement en est indépendant. Ici, chacun met la main à la pâte, de la cuisine à l'accueil, du nettoyage au secrétariat, par période planifiée et en alternance avec les cours. Tout cela en partenariat avec les enseignants puisque le projet repose sur la cogestion entre l'équipe éducative et les élèves. Autre particularité : l'élève apprend en fonction de ses objectifs personnels. Le baccalauréat, c'est un choix ; certains cours sont donnés par groupe de niveau et non par classe, et le matin est consacré à des ateliers pédagogiques. Le programme est bien concret mais évolue, en respectant le rythme de chacun. Toutes les semaines, les groupes de suivi (tutorat collectif profs/élèves) se réunissent, font le point sur les travaux en cours et se remotivent le cas échéant. Vingt-cinq ans après sa création, il n'existe que quatre établissements à peu près similaires en France.

V. C.

Pour ses 25 ans, le lycée recevra, le 1er février 2007, les philosophes Albert Jacquard et Edgar Morin. Un documentaire (52 min), réalisé par Patrick Leray, sortira au printemps.