Le NVF et la malédiction du tie-break

David Phelippeau

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Les Nantaises, menées deux sets à un, étaient revenues au score, puis elles ont dû s'incliner.
Les Nantaises, menées deux sets à un, étaient revenues au score, puis elles ont dû s'incliner. — F. Elsner / 20minutes

D'un côté, les Calaisiennes exultent, chantent, dansent. De l'autre, la jeune Lisa Menet-Haure pleure sur l'épaule de sa coéquipière Tiphaine Sevin. La scène est saisissante. Le Nantes volley féminin ne jouera pas la finale de la Coupe de France fin mars contre Cannes (qui s'est imposé sans souci au Cannet). Les filles de Sylvain Quinquis, au terme d'un match interminable et épique, se sont inclinées 3-2 contre les Nordistes. «C'est très très cruel, on est maudit, réagit, pâle et les yeux embués, l'entraîneur nantais Sylvain Quinquis. Ce tie-break, c'est direct la sanction ! Après tous ces efforts et toutes ces balles de match (5 balles de match au total), c'est terrible pour les filles !» C'est d'autant plus terrible que le NVF n'y arrive pas cette saison dans l'exercice du tie-break. La série noire perdure. Nantes est la pire formation de Ligue A dans cet exercice (7 perdus sur 9 joués). Laura Holubcova lâche complètement atterrée : «On en a marre, vraiment marre des jeux décisifs ! On a trop espéré pendant tout le match…» Le NVF était en effet mené 2-1. Peu de supporters les voyaient renverser la vapeur, mais elles sont revenues au courage et grâce au talent de Druenne. «Qu'est-ce que vous voulez que je reproche à mes filles ?, s'interroge Sylvain Quinquis. Je ne peux pas leur en vouloir. La qualité de jeu était là.» Le NVF pourra en effet toujours s'enorgueillir d'avoir fait vaciller une formation calaisienne, troisième de Ligue A.

Les Nantaises (9es de Ligue A) retrouveront d'ailleurs les Nordistes dès samedi, dans la même salle de Saint-Jo. «Il va falloir digérer cette élimination, poursuit l'entraîneur nantais. Il va falloir se remobiliser.» Car le Nantes volley féminin a un autre défi de taille : se maintenir dans l'élite du volley français, voire – pourquoi pas – arracher un dernier strapontin synonyme de play-offs en fin de saison. «C'est vrai, il y avait une finale à Paris, continue Laura Holubcova. Mais le plus important finalement c'est ce match de samedi, contre Calais. Il va falloir bien travailler pendant ces deux jours…»

Et surtout soigner les têtes, car les visages semblaient extrêmement marqués, mardi soir, à l'issue du cruel tie-break perdu.