La mère des « reclus » a été rejugée

Guillaume Frouin

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Christine Barreteau avait fait opposition, en janvier, à sa condamnation par défaut de 2008.
Christine Barreteau avait fait opposition, en janvier, à sa condamnation par défaut de 2008. — F. elsner / 20 Minutes

Quatre mois de prison avec sursis ont été prononcés mardi à l'encontre de Christine Barreteau, la mère de la famille qui vivait recluse dans son appartement de Saint-Nazaire depuis des années. La mère au foyer, âgée de 47 ans, était poursuivie pour un précédent « abandon moral et matériel » de ses deux plus jeunes enfants, lourdement handicapés. Elle et son mari avaient écopé pour ces faits de six mois de prison ferme en 2008. Seulement voilà : absents à leur procès, ils n'avaient pas non plus ouvert aux huissiers venu leur signifier leur condamnation... Un jugement auquel Christine Barreteau a fait opposition, après qu'il lui ait été notifié lors de sa garde à vue en janvier. Son mari, pour sa part, ne l'a pas contesté.

Une « totale défiance »


Mardi, devant le président du tribunal, la mère de famille a justifié le refus de scolariser Caroline en établissement spécialisé par sa « totale défiance dans le système scolaire », selon son avocate. D'obscurs « problèmes de dos » de la fillette n'auraient en effet pas été signalés par un institut médico-éducatif. Lesquels? Mystère. « On n'avait pas confiance après ce qui s'était passé », explique la prévenue, qui a préféré par la suite avoir recours à des cours par correspondance. « Ce qui s'est passé ? Je ne sais pas, puisqu'on ne nous a rien dit. » Elle et son mari ont également refusé de se rendre aux expertises psychologiques ordonnées par le juge des enfants. « Elle n'en avait pas compris le caractère obligatoire », plaide son avocate.

Un refus pas nouveau


Problème : le refus du couple de coopérer avec les travailleurs sociaux avait déjà été observé dix ans plus tôt, bien avant les « problèmes de dos » de leur fille. Sa situation intellectuelle ne laissait pourtant guère de choix. « Alors qu'elle aurait dû être en CM1, elle a l'intelligence d'une élève de petite ou moyenne section », s'alarme la procureure, qui avait réclamé six mois de prison, dont quatre avec sursis.