Il ne veut plus être pris pour un gentil

david phelippeau

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Mathieu de la Bretèche a encore un an et demi de contrat au HBC Nantes. Ira-t-il au bout ? Lui a envie...
Mathieu de la Bretèche a encore un an et demi de contrat au HBC Nantes. Ira-t-il au bout ? Lui a envie... — F. Elsner / 20minutes

Du haut de son 1, 76 m, il a décidé de se faire entendre. De se montrer même. A Chambéry, jeudi, Mathieu de la Bretèche a croqué dans le temps de jeu important qui lui a été offert. Des jambes de feu, une adresse diabolique, le petit impétueux a battu en brèche l'image du joueur voué à faire un aller-retour entre le banc et le parquet. A 23 ans, il veut inverser le cours des choses. «Je me suis dit qu'il fallait que j'arrête de subir, de me laisser vivre. Je me suis rendu compte que je n'avais jamais eu vraiment l'occasion de montrer ma vraie valeur. Et j'ai ma part de responsabilités.» Son père, ancien handballeur de haut niveau, a mis des mots sur les maux de son fils. «Je veux que ça reste entre lui et moi», avoue Mathieu.

Le temps a raffermi le cuir du jeune homme. «Moi, je n'ai plus envie qu'on dise de moi que je suis le petit jeune qui a des qualités, qui fait parfois des belles choses, qui est propre, qui met son petit but et qui rejoint le banc dans la foulée…» Comme il a en aversion les railleries générées par la chasuble qu'il enfile l'espace de quelques secondes lorsque sa formation est en infériorité numérique. «J'en rigole toujours après le match, mais j'ai envie qu'on m'associe à autre chose.» Il refuse aussi qu'on dise de lui qu'il ne peut pas défendre. «C'est sûr quand on voit le hand et tous ces gars à 1, 90 et 90 kg, je ne suis pas du tout dans ces mensurations. Mais pour moi, il y a besoin d'un petit malin – même si ça peut paraître prétentieux de dire ça – en défense. J'ai d'autres armes.» Son physique très moyen pour le milieu, il veut en faire un atout. «On s'est gouré sur moi. On a voulu depuis que je suis à Nantes me faire prendre au niveau musculaire mais ce n'est pas mon registre. Il valait mieux insister sur mes qualités naturelles, la vitesse, la percussion…»

Mathieu de la Bretèche se sait dans une période charnière. «Le plus dur commence pour moi, confesse celui qui a encore un an et demi de contrat. Mon avenir ici se joue dans les deux ou trois mois. Le fait que je ne lâche pas montre que je ne veux pas partir de Nantes avec des regrets et avec des questions…»