Le marché immobilier fait grise mine

Guillaume Frouin

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Le « rebond » tant attendu par les professionnels de l'immobilier au quatrième trimestre n'est jamais arrivé : les ventes de logements neufs ont reculé en 2012 de 29 % en Loire-Atlantique et dans la région d'Angers (Maine-et-Loire), selon un bilan dressé par l'Observatoire du logement de la métropole atlantique (Oloma). Une chute qui s'explique par la fin des réductions d'impôts accordées par l'amendement Scellier, mis en place en 2009 pour soutenir l'investissement locatif privé. Les professionnels attendent désormais beaucoup du nouveau dispositif Duflot, plus généreux en matière de défiscalisation mais aussi plus contraignant sur la localisation des biens et les revenus des locataires. « C'est un bon dispositif, qui devrait porter ses fruits, mais encore faut-il que le marché réagisse », commente Bertrand Mours, président d'Oloma.

En attendant, à Nantes, les prix de vente ont baissé de 6 %. « Le repli est plus fort dans les quartiers excentrés : autour de - 20 % dans les quartiers sud et Nantes-Erdre », selon le baromètre de la chambre des notaires de Loire-Atlantique. Un « effritement » des prix qui s'observe aussi dans l'ancien : les prix des appartements a baissé de 1, 8 % l'an dernier dans le cœur de l'agglomération. En périphérie, de « fortes corrections » ont été constatées sur les prix des maisons anciennes (-14, 9 % à Carquefou, -15, 7 % à Basse-Goulaine…). « Les prix élevés sur Nantes et la première couronne écartent de nombreux acquéreurs de ces marchés (employés, ouvriers, jeunes…) », analyse un notaire nantais. « Par conséquent, ils choisissent d'investir en deuxième couronne, où les prix sont plus abordables. Mais la demande reste forte : les vendeurs qui mettent leur bien au prix du marché peuvent vendre toujours rapidement. » D'autres motifs d'espoir subsistent, d'après le président de l'Observatoire du logement de la métropole atlantique. « Du fait de la croissance de la population, les besoins restent importants, analyse Bertrand Mours. Par ailleurs, les taux d'intérêt restent historiquement bas pour les acquéreurs. Certains vont vouloir en profiter. »