Demi, pas la moitié d'un coach

David Phelippeau

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FABRICE ELSNER/20 MINUTES

Vous connaissez la série d'aventures de la jeune Martine. Il va désormais falloir se familiariser avec celle de Martin (prononcez comme la demoiselle) au Nantes Rezé Métropole volley... Depuis son arrivée en 2009 sur les bords de l'Erdre, l'entraîneur tchèque (44 ans) est escorté par le succès. Montée de Ligue B en Ligue A en 2010, quart de finale des play-offs de l'élite en 2011 et demi-finale en 2012... Si la logique d'ascension est respectée, le NRM devrait s'inviter en finale cette saison. La gageure reste possible car le club – à l'avant-dernier budget de Ligue A (1, 05 million d'euros) – ne quitte pas le podium de l'élite depuis octobre. A mesure que le club grimpe, Martin Demar (dit «Demi») suscite les louanges au sein du NRM et les jalousies au sein du monde du volley français. «Tu mets n'importe quel entraîneur à Nantes avec les mêmes moyens financiers, je ne sais même pas si on est encore en Pro A», complimente Dominique Amans, manager sportif. Un trait de caractère revient comme une antienne lorsqu'on interroge son entourage : Martin Demar est «dur mais très proche de ses joueurs».

Une ambivalence que Christophe Guégan, autre manager sportif du NRM, n'a pas de mal à expliquer : «C'est un mixte de la méthodologie française et de ce qu'il a appris dans les pays de l'Est.» Un ogre de plus de 2 m et plus de 120 kg au cœur tendre. «Combien de fois, je l'ai vu, samedi, contre Rennes (succès 3-1) passer sa main sur l'épaule de ses joueurs pour les encourager», poursuit Guégan. «C'est l'opposé d'un Grebennikov, coach russe de Rennes, poursuit Amans. Il a toujours un discours positif. Bon, il est aussi capable de péter les plombs…» Jonas Aguenier, jeune central du NRM, l'a appris à ses dépens lors du stage d'avant-saison en Tchéquie. «Fernandez venait de se blesser, raconte Aguenier. C'était un peu tendu à l'entraînement. Je suis arrivé un peu cool. Il m'a secoué et m'a même dit de changer de sport… Sur le moment, tu sers les dents et les poings ! Il sait qu'avec moi, ça marche. C'était un mal pour un bien.» Dominique Amans n'a pas oublié la scène. «Il trouve les mots qui piquent l'orgueil, mais ce n'est jamais méchant. Il demande beaucoup à ses joueurs car il les aime.» Benoît Roger, ancien joueur du NRM, se rappelle du «stakhanoviste» Martin Demar : «Il sait pousser à fond ses joueurs et parfois, il peut-être blessant… Qu'est-ce qu'on en a chié avec lui, mais on ne l'a pas regretté ensuite !»

En attendant, une question devient brûlante au NRM : Demar, qui arrive en fin de contrat en fin de saison et qui répète à l'envi sa lassitude de devoir reconstruire tous les ans une équipe, va-t-il partir ? Les négociations sont en cours, mais, hormis si un autre club lui offre un pont d'or, Demar semble plutôt enclin à poursuivre. «Son rêve, c'est de faire venir son fils au NRM, c'est un passeur de plus de 2 m», confesse Guégan. Deux «Demi» à Nantes Rezé, ça peut faire un très grand club non ?