Plus de cancers en Loire-Atlantique

Frédéric Brenon

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Le nombre de nouveaux cas de cancer augmente en Loire-Atlantique et le risque de contracter la maladie y est plus élevé que la moyenne nationale, révèle le Registre des cancers de Loire-Atlantique dans sa dernière étude épidémiologique. Quelque 6952 nouveaux cas par an ont en effet été diagnostiqués sur la période 2007-2009. Soit une hausse de près 30 % par rapport à 1998. « C'est lié à la croissance de la population, à son viellissement, au développement du dépistage et aussi à l'augmentation de certains types de cancers », explique le Dr Florence Molinié, responsable du Registre. La maladie frappe essentiellement les plus de 55 ans et majoritairement les hommes.

Alcool et soleil pointés du doigt


La comparaison avec la moyenne française met en évidence des cancers globalement plus fréquents dans le département : de + 12 % chez les hommes et de + 5 % chez les femmes. Plusieurs types de cancers sont ainsi surreprésentés. C'est particulièrement le cas du cancer du foie (+70 % chez les femmes et +134 % chez les hommes par rapport à la moyenne nationale), mais aussi de l'œsophage et de la bouche-pharynx chez les hommes. « L'écart est énorme, confirme le Dr Molinié. L'alcool en est le facteur de risque principal et le lien avec la surconsommation connue du département est incontestable. La prévention effectue un gros travail mais ses effets se mesurent sur le très long terme. » Plus étonnant, le problème du mélanome de la peau, deux fois plus répandu que dans le reste de la France. « L'exposition solaire en est la cause principale. Cela traduit un manque de protection aux UV et une présence plus élevée de peaux claires à risque. » Les cancers de la plèvre, liés à l'amiante, sont eux aussi trois fois plus fréquents, en raison « du passé industriel de la Loire-Atlantique ». Autres surreprésentations locales : les cancers du rein, du lymphome non hodgkinien et de la thyroïde, pour l'heure « plus difficiles à expliquer ». ■

■ Des données tout de même rassurantes

Les cancers du larynx, du col de l'utérus et du corps de l'utérus sont moins fréquents en Loire-Atlantique, principalement grâce à la prévention. Le cancer du poumon est en baisse chez les hommes, stable chez les femmes.