Frédéric Belloc a du mal à se faire la malle

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l a «une douleur à l'épaule», mais aussi «un sacré mal de crâne». Et même «beaucoup de mal à dormir». Des douleurs qui l'ont obligé à quémander un cachet aux médecins de l'épreuve. Mais à 50 ans et pour son premier Dakar, le Nantais Frédéric Belloc a aussi un immense sourire qui lui barre le visage. Il est aux anges, quelques heures après avoir dévalé les dunes de la deuxième étape, dimanche dernier, une boucle autour de Pisco, au Pérou. «Il faut être un peu taré», rigole le motard.

D'autant plus «taré» qu'il a choisi d'emmener sa moto KTM dans la catégorie des plus démunies, celle des malles. Celle où on ne part qu'avec une cantine militaire pleine de pièces mécaniques et un sac de sport transporté dans un camion. «Moi, je voulais le faire comme ça, à l'aventure. Notre course dure 15 jours, ce n'est pas grand-chose. Pour avoir un mécano, c'est entre 12 000 et 14 000 €», remarque Frédéric Belloc.

A l'opposé d'un Cyril Despres


Du coup, ces journées sont loin de celles d'un Cyril Despres, le favori dans la catégorie des deux roues. Quand lui peut souffler dans son camping-car lorsque ses mécanos s'attaquent à sa machine, Belloc vit une tout autre journée. «J'arrive, je pose la moto, raconte-t-il. Et il fait tellement chaud que je me déshabille, je vais prendre une douche, manger pour me requinquer. Ensuite, je fais mon road-book, et enfin, je m'occupe de la moto…» A ce moment-là, il n'a pourtant plus qu'une envie : s'allonger sous sa tente Quechua.

Le réconfort arrivera dans quelques jours, quand sa femme et ses enfants le rejoindront sur le bivouac. Son épouse a d'ailleurs elle-même disputé à trois reprises le Dakar il y a 20 ans. «Ils arrivent à Santiago du Chili, ils louent une voiture et ils me rejoignent à Tucuman en Argentine, explique Frédéric. A l'aventure eux aussi.» Cela doit sans doute être dans le sang... ■