Le délicat démarrage des Chronobus« On nous a vendu un machin super rapide, je l'attends toujours »

Frédéric Brenon

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La ligne C2 est, avec la C1, l'une des plus affectées par les difficultés générales de cicrulation depuis la rentrée.
La ligne C2 est, avec la C1, l'une des plus affectées par les difficultés générales de cicrulation depuis la rentrée. — L. Failler / 20 Minutes

Nantes métropole les présentait comme des bus à « haut niveau de service ». « Gains de temps jusqu'à dix minutes » et « temps de parcours garantis quelle que soit l'heure » étaient notamment annoncés. Deux mois après leur lancement, les quatre premières lignes Chronobus ne tiennent pas encore toutes leurs promesses. Tour d'horizon de débuts contrastés.

Plage horaire et aménagements
Au chapitre des changements positifs, l'élargissement de la plage horaire ( 5 h à minuit) est unanimement appréciée des usagers. Les aménagements réalisés le sont tout autant des conducteurs. « Les feux prioritaires fonctionnent bien. Les stations centrales nous facilitent le redémarrage. Les voies réservées sont un vrai plus, quia Baco en particulier », témoigne la CFDT. La fréquentation est également en progrès : +10 % environ entre octobre et novembre, selon la Tan.

Temps de parcours et fiabilité
Mais le principal écueil réside dans les temps de parcours. Souvent bloqué dans le trafic, le Chronobus ne parvient pas, malgré ses caractéristiques, à assurer gain de temps et régularité aux heures de pointes. « Il est clair qu'il y a un décalage entre ce qui était annoncé et les résultats. Le problème c'est que toute la ville est en travaux et que le Chronobus est touché par les reports de circulation. Cela prouve qu'il n'y a peut-être pas assez de sites propres. Certains carrefours, comme devant l'hôtel de ville ou à Pirmil, sont aussi à revoir », analyse la FNAUT, association d'usagers. « Les horaires sont difficiles à tenir et les voyageurs sont logiquement plus exigeants. Du coup, les conducteurs essaient à tout prix de récupérer le retard et prennent des risques au volant », s'inquiète la CGT. « On a connu un démarrage erratique mais ça rentre actuellement dans l'ordre. Il faut quelques mois pour que la circulation se réorganise et le système de haute-cadence est très exigeant. Mais ça va déjà mieux », assure la Tan.Quand on interroge les usagers des lignes de Chronobus, il y a d'abord quelques satisfaits, comme Thomas, qui « apprécie d'avoir enfin un bus qui circule jusqu'à minuit », ou comme Solène, qui « trouve qu'il y a bien plus de passages qu'avant ». Il y a aussi ceux qui prennent le Chronobus sans vraiment savoir « ce qu'il a de particulier ».
Et puis il y a « déçus », légèrement majoritaires semble-t-il. « On nous a vendu un machin super rapide, qui devait griller les voitures à chaque carrefour. Et bien je l'attends toujours ! La ligne que j'emprunte (la C2) s'appelle bien Chronobus mais ne me fait pas gagner de temps. Je crois même que c'est pire qu'avant », peste Riton. « Quand ça circule, il circule, quand il y a des embouteillages, il est à l'arrêt comme tout le monde », observe Erika, sur la C2. « Je m'attendais à mieux, confirme Mickaël, sur la C1. Il y a quand même beaucoup de retards. C'est loin d'être fiable ». « On nous fait avaler des hausses de tarifs depuis plusieurs années pour financer ces Chronobus. Si c'est ça le résultat, bonjour le gâchis » râle Jean-Luc.F.B.