Le refuge des doudous perdus

Guillaume Frouin

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Les peluches perdues par les enfants sont consignées au PC Sécurité du centre commercial.
Les peluches perdues par les enfants sont consignées au PC Sécurité du centre commercial. — F. Elsner/20 Minutes

Un drôle d'élevage pousse, sans que l'on y prenne gare, dans les coulisses d'Atlantis. On y trouve des lapins, des vaches… mais aussi des hippopotames et des éléphants. Tous ont pour point commun d'être des animaux à poils : le centre commercial de Saint-Herblain – qui reçoit plus de 300 000 visiteurs par semaine – est une formidable usine à doudous perdus.
« On en retrouve pratiquement tous les jours », confirme-t-on au PC Sécurité, où les peluches abandonnées côtoient les clés de voitures, les portefeuilles et autres paires de lunettes. Mais, si certains parents se rendent assez vite compte de la terrible disparition, d'autres mettent un peu plus de temps à réagir… Un « trombinoscope » – façon avis de recherche – répertorie donc les photos des doudous perdus, sur le site Internet* du centre commercial. Cinquante et un attendaient encore, ce lundi, de retrouver leur propriétaire.

« Cela humanise la galerie »
« Après coup, on reçoit parfois des mails de remerciements assez touchants », confie Claire Connan, webmaster du site, qui tente de mettre en ligne au plus vite les photos des nouveaux arrivants. Un aspect de son métier qui n'est pas pour lui déplaire : « C'est un service pas du tout commercial, qui humanise notre grande galerie ». Toutes les peluches n'ont toutefois pas la chance de rentrer à la maison : une fois par an, celles qui ont été abandonnées passent donc au lave-linge… pour être données au Secours populaire. Celle de Jade, 2 ans et demi, ne semble pas prête de subir ce sort, tant la petite fille serre fort son « Doudou Marie », un petit chat de 15 cm de haut. « Si on venait à le perdre, ce serait la cata : elle l'a tous les jours avec elle, elle lui raconte des histoires ou ses moments de peur », sourit Hélène, sa mère, rencontrée ce lundi dans la galerie d'Atlantis. Par précaution, cette banquière de 32 ans a donc acheté un clone de « Doudou Marie ». Mais qui ne trompe pas son monde. « Il n'a pas la même odeur que le vieux doudou », convient Hélène.