Climat de terreur chez les Meilhon

Guillaume Frouin

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C'est la première fois qu'on le voyait depuis le meurtre de Laëtitia Perrais, l'adolescente disparue à Pornic en janvier 2011 et retrouvée découpée dans deux étangs. Trois ans de prison ferme ont été prononcés lundi contre Tony Meilhon par le tribunal correctionnel de Nantes, où il était jugé pour dix-neuf délits commis entre juin 2008 et février 2011. « De la babiole » selon l'homme au catogan, mais pas selon les plaignants. Son frère cadet et sa belle-sœur ont ainsi dit avoir fait l'objet de « menaces de mort », après avoir cessé de l'approvisionner en drogues au parloir : il menait un trafic lucratif en prison « avec la complicité d'une surveillante ». Tony Meilhon était également accusé d'avoir égorgé les deux lapins nains des enfants de son frère aîné, avec qui il était en conflit… Il aurait aussi brûlé la voiture d'une collègue de son ex-amie, accusée d'avoir « une mauvaise influence » sur elle.

« Pas vu, pas pris, pas puni »
Des faits qui inspirent bien souvent de la « peur » à ses victimes. « Quand j'étais en semi-liberté, j'étais obligé de me cacher quand je rentrais chez moi », affirme ainsi son frère cadet. Pure « calomnie », à en croire Tony Meilhon, selon qui ses proches veulent d'abord le renvoyer en prison. « Les gens veulent plus témoigner de leur inquiétude que de faits d'une extrême gravité », pense au contraire le président du tribunal. « S'ils voulaient vous faire plonger, ils diraient que vous leur avez cassé la figure ou que vous avez volé trente-six voitures... Or, ce n'est pas le cas. »
Mais, hormis le vol du tiroir-caisse d'une supérette, Tony Meilhon continue de rejeter toutes les accusations. L'agression gratuite du voisin d'un ami, alors qu'il était en état d'ivresse ? «Je ne vais pas changer mes habitudes, M. le Président : je ne vais pas reconnaître des faits s'il n'y a pas de preuves », lance-t-il au magistrat, narquois. Avec un certain succès, à vrai dire : faute de preuves, Tony Meilhon a été relaxé pour huit des dix-neufs délits pour lesquels il était poursuivi, dont les « menaces de mort » sur son frère et sa belle-sœur. « Il sait comment fonctionne la justice : pas vu, pas pris, pas puni », se désole son ex-compagne.

« un insoumis »

Jusque-là, Tony Meilhon n'était pas très coopératif avec la justice. « Les conditions de transport [depuis sa prison de Rennes] sont équivalentes à du transport d'animaux », a-t-il justifié lundi. « Moi, j'ai le mal de route, ça ne fait qu'aggraver les choses. » Le procureur de la République s'est d'ailleurs dit « très content » de sa venue au tribunal. Avant de réclamer cinq ans et demi de prison à son encontre pour son « comportement anormal, brutal et asocial ». « Tony Meilhon est un insoumis à la loi », a-t-il dit.