La prostitution est « une violence »

Frédéric Brenon

— 

Le quartier Bellamy concentre un grand nombre de prostituées étrangères.
Le quartier Bellamy concentre un grand nombre de prostituées étrangères. — F. Elsner/20 Minutes

Une main qui bâillonne un visage féminin et un message sans équivoque : « La prostitution est une violence faite aux femmes ». Cette campagne est diffusée largement depuis mercredi sur les panneaux d'affichage de l'agglomération. Portée par l'Etat, la ville de Nantes, le conseil général et le Mouvement du Nid, cette initiative inédite vise un double objectif : « récuser les représentations stigmatisantes entourant la prostitution dans l'imaginaire collectif » et « susciter une prise de conscience chez les clients potentiels ».

Réseaux criminels étrangers
La prostitution de rue, qui ne représenterait que 30 % des pratiques, est essentiellement ciblée. « Elle est surtout le fait de jeunes femmes étrangères victimes de réseaux criminels et qui se retrouvent en France dans une grande précarité. Il est important de rappeler qu'il n'y a prostitution que parce qu'il y a des clients », rapporte Fabienne Padovani (PS), vice-présidente du conseil général. « Il y a toujours de terribles violences dans le parcours de ces femmes, insiste Grégoire Théry, secrétaire général du Nid. Nous ne voulons pas culpabiliser le client mais le faire réfléchir : il y a inégalité entre la personne vulnérable dans le besoin et celui qui impose son désir par l'argent. » Opposées au projet de loi de pénalisation des clients, plusieurs associations de prostituées ont affirmé ces derniers mois leur « liberté de choix ».