Nantes se met à l'internet alternatif

Société Des passionnés d'informatique apprennent aux internautes à surfer de façon anonyme

Guillaume Frouin

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KheOps et Sanpi sont membres de « FAI Maison », un fournisseur d'accès internet associatif.
KheOps et Sanpi sont membres de « FAI Maison », un fournisseur d'accès internet associatif. — F. Elsner / 20 Minutes

C'était l'une des toutes premières en France : samedi matin, une quarantaine de personnes ont pris part à une « CryptoParty », organisée dans un bar du centre-ville de Nantes. Appelé à se répéter tous les mois, ce type de réunion informelle – initié en Australie – vise à « échanger des connaissances permettant d'assurer la confidentialité des échanges sur Internet ».
Des connaissances, KheOps et Sanpi n'en manquent pas. Ces deux Nantais, passionnés d'informatique, ont ainsi enseigné samedi aux internautes comment utiliser Tor, un « logiciel d'anonymisation des connexions » aux sites Web. Ou encore OTR, qui crypte les discussions instantanées sur Google Talk, par exemple. Ces deux « hacktivistes » de 27 et 29 ans aiment aussi beaucoup Tails, un système qui s'installe sur une clé USB. « On y retrouve les principaux logiciels, dans une version adaptée », explique Sanpi. « Sauf que, quand on retire la clé, la personne qui utilise l'ordinateur après vous ne peut pas savoir ce que vous avez fait... »

Un accès ADSL... nantais
Avec ces tuyaux, les deux Nantais espèrent toucher les internautes « sensibles à leur vie privée ». Mais pas seulement. « Cela peut intéresser les personnes qui font de l'activisme politique ou les industriels qui veulent se protéger de l'espionnage industriel », estime KheOps. « C'est une question de bon sens, de la même façon qu'on met une enveloppe autour de son courrier... » Dans la même veine, tous deux sont partie prenante de « FAI Maison », un fournisseur d'accès internet associatif « 100 % nantais », qui propose depuis septembre des accès ADSL à 30 € par mois (en plus de l'abonnement à France Télécom). La différence ? Leur association, qui regroupe une trentaine de membres, s'engage à « ne pas observer le comportement et les communications » de ses adhérents. Elle s'engage aussi à « ne pas accélérer ou ralentir le trafic » en fonction des contenus, comme le font d'autres opérateurs.

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