Roland Lehoucq, homme de science et de fiction

Julien Ropert

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Roland Lehoucq dirige les Utopiales.
Roland Lehoucq dirige les Utopiales. — F. elsner / 20 Minutes

«Lisez le chapitre xv de Spiderman 2, et analysez-le à l'aune du cours de ce matin sur la fusion thermonucléaire. » A Polytechnique, certains devoirs de Roland Lehoucq doivent laisser ses étudiants un brin circonspects. A 49 ans, le nouveau président des Utopiales, chercheur en astrophysique au Commissariat à l'énergie atomique dans le civil, démontre au quotidien qu'on peut être rigoureux et facétieux, amoureux de la science comme de la science-fiction.

Un moyen de réfléchir sur le monde
« J'avais un goût pour la science tout petit, mais depuis que je suis tombé dans la science-fiction, ça ne m'a plus lâché, s'amuse le chercheur. La SF met en scène les progrès techniques, leurs conséquences sociales. C'est un divertissement, mais aussi un moyen de réfléchir sur notre monde, en passant par des mondes imaginaires. » Lorsqu'il se lance dans des travaux de vulgarisation, Roland Lehoucq n'hésite pas à s'appuyer sur des exemples tirés de Star Wars ou Total Recall. « L'idée n'est pas de démonter la science-fiction, car la science qu'on nous présente dans les films ne fonctionne pas, elle est trop déformée, pour être spectaculaire. Mais on peut se demander ce qui est possible avec nos connaissances scientifiques. » Un mélange des genres qui ne l'empêchent pas d'apprécier un film de science-fiction. Même truffé d'incohérences scientifiques. « Je ne grince jamais des dents devant un film où la science n'est pas juste. Par contre, devant un mauvais scénario… »

Pratique

Le festival international de science-fiction se tient jusqu'à lundi à la Cité des congrès. Des tables rondes, des projections de films et des expositions y sont organisées. 8 € la journée, gratuit pour les moins de 8 ans. Infos sur www.utopiales.org