Le tir par arme à feu attire de plus en plus de curieux

LOISIRS Aidée par le bouche-à-oreille, la discipline balaie les idées reçues...

Frédéric Brenon

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Violent, macho, bruyant… Peu de loisirs sont à ce point teintés de clichés négatifs. Pourtant, le tir connaît depuis peu un étonnant regain d’intérêt. Le nombre de licenciés a ainsi progressé de 16% cette année dans les clubs des Pays de la Loire. La plupart sont venus "par curiosité", au travers de formules "baptême" ou "initiation" de plus en plus demandées. En une heure environ, on s’essaie ainsi aux pistolets à air comprimé ou 22 Long rifle. On peut aussi appréhender, en quelques séances, les techniques de base et jauger de gros calibres. "Ça marche bien en comité d’entreprise ou cadeau d’anniversaire, confirme Alain Neutre, président de la Société nantaise de tir, principal club de la région. On voit des profils très variés : des employés, des chefs d’entreprises, des retraités. Des femmes aussi bien sûr, souvent plus adroites que les hommes au départ d’ailleurs."

"Pas un défouloir"

"Le bouche-à-oreille fonctionne, constate Benoît Herault, moniteur. Il y a d’abord cette envie de manipuler l’interdit, vaincre sa peur. Et puis on découvre un univers inattendu." Concentration, calme, détente, sont en effet les adjectifs qui reviennent le plus. "Ce n’est pas un défouloir, c’est tout l’inverse. On se replie sur soi, on oublie tous ses soucis", témoigne Ludovic, 23 ans, au terme de sa deuxième séance. "Le tir demande peu de technique mais beaucoup de décontraction, explique Benoît Hérault. A l’image du yoga, c’est un moment où on prend le temps de bien respirer. Cela procure beaucoup de bien-être." "Ce n’est pas comme à la télé, renchérit Alain Neutre. Ceux qui voient l’arme comme un outil de puissance ou de destruction s’aperçoivent rapidement qu’ils ne sont pas à leur place ici."