Des « co-entrepreneurs » face aux délocalisations

Guillaume Frouin

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Pierre Michaut a fondé L'Atalante.
Pierre Michaut a fondé L'Atalante. — F. Elsner/20 Minutes

Et si vous vous associiez à vos collègues pour reprendre votre boîte ? A Nantes, les neuf salariés de L'Atalante ont franchi le pas : ils viennent de racheter leur librairie et maison d'édition sous forme de Scop (Société coopérative ouvrière de production). Pierre Michaut, ex-gérant majoritaire de cette entreprise qu'il a fondée en 1979, en est désormais « cogérant ». Comme simple salarié.

Le gérant élu pour quatre ans
« Le problème d'une petite boîte qui marche bien, c'est que ses parts deviennent hors de prix pour un individu », explique cet entrepreneur de 66 ans. « Un groupe aurait certainement pu nous racheter, mais il se serait fait une hâte de rapatrier chez lui notre trésorerie et notre portefeuille de contrats… A terme, il aurait fait pareil avec des services comme la comptabilité. Il fallait donc absolument garder notre indépendance, pour que les gens qui y travaillent puissent continuer de le faire. » C'est chose faite : désormais, L'Atalante ne pourra plus être vendue sans l'aval de son assemblée générale, qui peut révoquer du jour au lendemain son gérant – élu au départ pour quatre ans.
Les neuf « co-entrepreneurs », qui ont pour cela mis 3 500 € au pot chacun, ont bénéficié d'un coup de pouce inattendu : leur apport a été doublé par la région des Pays de la Loire. Le dispositif, qui existe depuis un an, reste méconnu : seules sept Scop en ont profité. « On espère en aider dix chaque année », confie Christophe Clergeau, vice-président (PS) de la région.

solidité

Les Scop sont relativement solides : dans l'Ouest, leur « taux de pérennité » après cinq ans d'existence est de 67 %, contre 57 % pour la moyenne des entreprises. Plus de la moitié d'entre elles sont des sociétés de moins de dix salariés.