L'ex-compagnon de Marina était « jaloux » et possessif

Guillaume Frouin

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Me Choucq défend Yassine Khaloir.
Me Choucq défend Yassine Khaloir. — F. Elsner/20 Minutes

Les jurés de la cour d'assises de Loire-Atlantique ont examiné mardi la personnalité de Yassine Khaloir, jugé pour avoir tué en janvier 2010 son ex-compagne – alors enceinte de lui de huit mois – dans son appartement de Saint-Nazaire. Décrit comme « calme » et « discret » par sa famille, cet Angevin de 27 ans est aussi « jaloux », « avare » et « peu courageux » selon les amies de Marina Lebeau, qui avait succombé à 33 coups de couteau.

3 300 appels et SMS

en quatre mois
Ce fan de mangas, qui passe beaucoup de temps sur des jeux vidéo de foot et de combat, apparaît également comme très possessif : pas moins de 3 300 appels et SMS ont été échangés entre lui et Marina dans les quatre mois qui ont précédé le drame. « Un enfer » pour la jeune femme, qui lui avait envoyé la veille un SMS de « rupture définitive » : elle ne souhaitait même pas qu'il assiste à l'accouchement de son fils. Jusqu'alors, le couple – qui avait fait connaissance un an plus tôt sur Internet – vivait en effet une relation en pointillés, à l'instar de la vie professionnelle de Yassine Khaloir : cuisinier de formation, il alternait petits boulots dans des cafétérias et périodes de chômage. « Il a probablement voulu faire souffrir la victime psychiquement, physiquement et affectivement, en faisant disparaître son enfant », décrypte un psychiatre. « Très narcissique, il est persuadé de disposer en permanence d'un ascendant sur les personnes qu'il côtoie, et notamment les femmes », abonde un psychologue.

Hésitation

Après avoir appris sa grossesse en mai, Marina avait hésité à garder l'enfant. Elle s'y était finalement décidé, mais avait imposé à Yassine Khaloir « de partir ou de trouver un emploi ». Il était reparti vivre chez ses parents à Angers à l'été 2009.