à Nantes, les femmes de ménage voient enfin le jour

Guillaume Frouin

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Le « travail en journée » des femmes de ménage leur permet de faire connaissance avec les salariés de leurs clients.
Le « travail en journée » des femmes de ménage leur permet de faire connaissance avec les salariés de leurs clients. — F. Elsner / 20 Minutes

Le « travail en journée » des femmes de ménage nantaises fait tache d'huile. Rennes et Brest s'apprêtent en effet à copier cette « initiative exemplaire », qui a changé la vie de 862 salariés d'entreprises locales de nettoyage depuis 2007 : plutôt que d'intervenir très tôt le matin ou très tard le soir, ils nettoient les bureaux de leurs clients… à des horaires normaux. Tout simplement. « Nos entreprises peinaient à recruter », se souvient Michel Plassart, administrateur de la Fédération des entreprises de propreté (FEP) dans l'Ouest, à l'origine de la démarche. « Ces conditions de travail sont difficilement compatibles avec une vie de famille et les horaires des transports en commun. »
Depuis, les choses changent… aussi dans la tête des clients. « Ils pensaient toujours que la prestation était trop chère », poursuit-il. « Désormais, ils se rendent compte des moyens qui sont déployés pour nettoyer leurs bureaux. » Des clients qui n'ont plus besoin, au passage, de confier leurs codes d'accès à des quasi-inconnus. Et qui font des économies sur leurs frais d'éclairage.

Des comportements qui changent
La cohabitation entre leurs salariés et les femmes de ménage implique aussi un changement des comportements, des deux côtés. « On ne salit pas son bureau de la même façon quand on connaît la personne qui vient le laver », acquiesce Philippe Oléron, président de Sigma Informatique, qui emploie 700 salariés à La Chapelle-sur-Erdre. « On ne peut plus crier à sa collègue restée à l'autre bout du couloir », sourit Carla, une femme de ménage de 35 ans. « Notre tenue doit aussi être nickel. »