Gainsbourg les fait raquer

Frédéric Brenon

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Un banal mot adressé à sa femme de chambre, Elisa, s'est vendu 8 600 €.
Un banal mot adressé à sa femme de chambre, Elisa, s'est vendu 8 600 €. — F. Elsner/20 Minutes

Un peu plus de 69 000 €. C'est le montant total dépensé par des fans de Serge Gainsbourg pour une dizaine de lots ayant appartenu à l'artiste et mis aux enchères, jeudi après-midi, à l'hôtel des ventes Talma de Nantes. Les pièces principales étaient deux manuscrits originaux cédés 18 500 € chacun : un brouillon préparatoire de « L'homme à la tête de chou » (1976,) et celui de « Un poison violent, c'est ça l'amour » (1967), chanson chantée durant le film Anna. Une mallette – contenant un télégramme de Bambou, une invitation de Jack Lang, des factures, une American express coupée en deux ou une lettre de sa femme de chambre Elisa – est également partie à 8 800 €.

Un acheteur venu des Vosges

Plus insolite, une liste de courses et de tâches ménagères adressée à cette même Elisa, mise à prix 200 €, a été vendue 8 600 €. D'autres objets, tels que des photos de Gainsbourg avec François Mitterrand ou Jane Birkin, ont aussi été particulièrement disputés. Tous appartenaient à Serge Bouron, un Nantais ayant sympathisé avec l'artiste dans les années 1980. « Cette vente est à la hauteur du génie qu'il était. Je ne pensais pas que ça atteindrait de telles sommes », se réjouit le vendeur, qui avoue céder ces originaux par « besoin d'argent ». « Gainsbourg, c'était un être unique, un talent incompris, enchérit Benoît, « fan complet », venu d'Epinal (Vosges) spécialement pour acheter une photo et une note. Des grands comme lui, il y en a peu par siècle. Je vais régulièrement sur sa tombe au cimetière du Montparnasse en pensant à lui. »