jours de Brume persistante sur Notre-Dame-des-Landes

Guillaume Frouin

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Mardi matin, de nouveaux heurts entre les forces de l'ordre et opposants au projet ont éclaté au lieu-dit « La Gaîté ».
Mardi matin, de nouveaux heurts entre les forces de l'ordre et opposants au projet ont éclaté au lieu-dit « La Gaîté ». — F. Elsner / 20 Minutes

Depuis une semaine, la « guérilla rurale » se poursuit à Notre-Dame-des-Landes. Ce mardi, les gendarmes ont de nouveau tiré des gaz lacrymogènes sur les opposants au projet d'aéroport, en marge de la démolition du lieu-dit « La Gaîté ». Une réponse aux jets de projectiles dont ils étaient la cible. « Des épis de maïs » et « des carottes », soupire Julien, 31 ans, un squatteur arrivé il y a dix jours sur la « zone d'aménagement différé » du futur aéroport. Comme lui, des dizaines et des dizaines de militants anticapitalistes convergent vers cette ZAD, renommée « zone à défendre ». De toute la France, mais aussi d'Angleterre, d'Espagne ou du Québec. « On est 150 en semaine, et 200 le week-end », calcule François, un cuisinier de 24 ans, qui évolue le visage masqué pour se prémunir du « fichage généralisé ». Pour mener à bien leur « lutte contre cet aéroport et le monde qui va avec », ces « occupants illégaux » communiquent ainsi via les ondes du 107.7 FM... normalement dévolues aux radios autoroutières du groupe Vinci, concessionnaire du projet. Des « ravitaillements » en nourriture ou habits secs ont également lieu chaque jour au « Sabot », une terre défrichée en mai 2011 et remise en culture. Une chèvrerie et une boulangerie y avaient également été installées.
Tous rejettent sur l'Etat les accusations de « violence » dont ils sont l'objet. « Le préfet lance un appel au calme ? Avant qu'il nous envoie les gendarmes, la zone était très calme », rétorque Christelle. Ce mardi, elle et ses amis avaient ainsi pour armes... les vaches du voisin,

qu'ils ont fait courir, puis détourner, vers les gendarmes. Ces derniers les ont

effrayées à coups de sirène et de gyrophare.