« Ça fait mal d'entendre toujours dire qu'on mange mal à l'hôpital »

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« La nourriture de l'hopîtal n'est pas bonne. » Le discours, largement répandu, a la vie dure. Injuste ? « Notre travail est d'apporter les calories nécessaires en lien avec la pathologie du patient, explique le responsable de la cuisine centrale. Les régimes alimentaires altèrent fatalement le goût. Un riz créole, sans sel et sans graisse, sera moins bon. » « Beaucoup de gens se plaignent aussi parce qu'ils n'ont pas l'habitude de manger équilibré chez eux. C'est une question d'éducation au goût », suggère Hervé, cuisinier au CHU.
Pour renforcer l'appétance de ses plats, le CHU joue donc sur les couleurs, priorise les produits selon leur popularité, organise des dégustations, et donne autant que possible le choix aux patients. « On doit aussi tenir compte des marchés et des saisons. Il y a plein de paramètres qui rentrent en compte dans l'élaboration du menu », rapporte Patricia Moriceau, diététicienne. « Compte tenu du travail réalisé, oui, ça me fait mal d'entendre toujours dire qu'on ne mange pas bien à l'hôpital », reconnaît Martial Coupry.F. B.