Notre-Dame-des-Landes: Les gendarmes ouvrent la piste de l'aéroport

LOIRE-ATLANTIQUE Les «squatteurs» ont été expulsés mardi...

Guillaume Frouin

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Plus de 500 gendarmes ont été mobilisés pour expulser les « squatteurs ».
Plus de 500 gendarmes ont été mobilisés pour expulser les « squatteurs ». — F. Elsner / 20 Minutes

L'expulsion tant redoutée par les «occupants illégaux» a bien eu lieu, ce mardi matin, sur le site du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Sept maisons et quatre terrains qui avaient été rachetés par le groupe Vinci y ont été «libérés», par plus de 500 gendarmes, des militants radicaux et altermondialistes qui y vivaient. «Cela s'est passé sans affrontements caractérisés», affirmait le préfet Chrisitian de Lavernée vers 10h. «Il y a simplement eu des manœuvres de retardement, comme des barricades en feu ou des personnes montées sur les toits.» Aucune interpellation n'a eu lieu.

Le 107.7 piraté par les opposants

Côté squatteurs, le récit des évènements est un peu plus mouvementé. Visés par des gaz lacrymogènes, les militants ont passer la journée à jouer au chat et à la souris avec les forces de l'ordre grâce à «Radio Klaxon», une radio pirate diffusée sur le 107.7... canal habituellement dévolu aux radios autoroutières de Vinci. Une guérilla rurale dans laquelle le préfet ne veut pas s'éterniser. «Les maisons évacuées vont faire l'objet d'une surveillance renforcée, avant d'être détruites dans les prochains jours», prévient Christian de Lavernée. «Trois ou quatre» autres habitations, sur lesquelles les juges n'ont pas encore prononcé d'expulsion, pourraient subir le même sort d'ici à la fin du mois. Quant à la mise en œuvre de l'expropriation des habitants en règle, elle n'est «pas d'actualité».

La nécessité de l'évacuation de ce mardi se justifiait, selon le préfet, par les travaux préparatoires de la desserte routière du futur aéroport. Ceux-ci doivent en effet démarrer début 2013. La zone réservée pour l'équipement va désormais être le théâtre de «défrichages», de «repérages archéologiques» et du transfert d'espèces animales vers d'autres lieux.

Le dossier se transfère à Paris

A partir de ce mercredi, des opposants au projet vont tenir une « vigie citoyenne » devant le ministère de l'Ecologie, à Paris. Le déploiement « excessif et disproportionné » de gendarmes à Notre-Dame-des-Landes a aussi été critiqué hier à l'Assemblée nationale par une députée EE-LV.