« Un projet passionnant »

Propos recueillispar Guillaume Frouin

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Depuis plus d'un an, Nantes planche sur un projet de monnaie locale complémentaire à l'euro. Pascal Bolo, adjoint (PS) au maire en charge des finances, le présente ce mercredi (18 h), au Centre de communication de l'ouest. Il en dévoile les contours pour 20 Minutes.

Pourquoi cette réunion ?
Cette monnaie ne fonctionnera que si les gens s'en saisissent... Il faut donc le faire partager très en amont. On va aussi lancer pour cela un site (unemonnaiepournantes.fr) à la fin du mois.
Quel est le but de cette monnaie ?
Ce n'est pas de concurrencer l'euro, mais de l'aider à jouer son rôle de carburant de l'économie. Actuellement, il y a une crise des liquidités : les banques prêtent peu, ce qui bloque les investissements… En créant cette monnaie complémentaire, on veut introduire un peu de fluidité dans ce système.

Comment s'appellera-t-elle ?
Un concours va être lancé ces jours-ci, notamment à destination des étudiants en écoles de commerce et de communication… Au final, ce sera le maire qui tranchera. Entre nous, on appelle ça le « nanto », mais ce n'est pas très beau… D'autres parlent aussi du « P'tit Lu ».
Les fonctionnaires de la mairie pourraient-ils être payés en partie avec cette monnaie locale ?
J'étais en réunion avec le receveur municipal lundi après-midi sur ce sujet. Actuellement, c'est impossible : la réglementation de la comptabilité publique interdit de payer ou de recevoir dans une autre monnaie que l'euro. On va saisir le gouvernement de ce délicat problème...
Quelles expériences étrangères vous ont inspiré ?
Nous sommes allés à Bâle (Suisse), où 60 000 entreprises adhèrent au « wir ». Quand tout va bien économiquement et que le crédit n'est pas cher, il est assez peu utilisé... En revanche, quand il y a une augmentation des taux d'intérêts, le wir est utilisé davantage. En Sardaigne, aussi, ils ont des animateurs pour aider un membre du réseau à dépenser sa monnaie locale. Il faudra qu'on créé cela, parce que ça accélère la circulation monétaire.

Quelle sera la singularité nantaise ?
Ce sera la première initiative publique de cette ampleur en France. C'est un projet passionnant : on sent bien qu'il y a une potentialité très forte, mais il va falloir aller la chercher.