Municipales à Béziers : Robert Ménard prend la tête de l'agglomération

ELECTIONS Le maire de Béziers (proche du RN) a réussi à prendre la présidence de l’agglomération pour les six prochaines années

D.Bd avec AFP

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Robert Ménard, le maire de Béziers, lors d'une réunion publique à Sète.
Robert Ménard, le maire de Béziers, lors d'une réunion publique à Sète. — Alain ROBERT/SIPA

Coup double pour le maire de Béziers, Robert Ménard, proche du Rassemblement national. Après avoir facilement remporté la mairie dès le premier tour avec 68,7 % des voix sur fond d’abstention record (56 %) et face à une opposition faible et divisée, il a réussi à devenir le président de l’agglomération Béziers Méditerranée (Hérault). Le poste lui avait échappé en 2014, face à un président sortant DVD soutenu par le département et la région PS. Robert Ménard a obtenu 35 voix sur 55 conseillers communautaires, le maire de Sérignan Frédéric Lacas 18 (deux bulletins étaient blancs).

Les résultats des municipales à Béziers

« Je suis ému », a déclaré à la tribune le vainqueur, né en Algérie, « parce que je pense au jeune garçon qui quittait le pays où il est né en 1962 et dont les parents n’auraient jamais imaginé qu’il prendrait les responsabilités qu’il a prises dans la ville qui les a accueillis ». Il a assuré qu’il n’avait « aucune envie de bataille en interne », mais de « tourner la page » après les tensions qui ont caractérisé ses rapports avec Frédéric Lacas au cours des six dernières années.

Il ne lui manquait que trois voix en plus de celles des élus de Béziers

Dans cette élection clivante, d’intenses tractations se sont poursuivies jusqu’au dernier moment, Frédéric Lacas étant soutenu par le département de l’Hérault et la région Occitanie, présidés par des socialistes soucieux de faire barrage à l’extrême droite. Robert Ménard, 67 ans, partait cependant largement favori pour cette agglomération composée de 17 communes. Il disposait en effet de 25 voix après sa victoire aux municipales et n’avait besoin que de trois voix supplémentaires pour atteindre la majorité.

L’ancien président de Reporters sans frontière a bâti depuis 2014 un fief politique d’ultra-droite à Béziers (quelque 77.000 habitants), l’une des villes les plus sinistrées de France avec 34 % de pauvreté et 23,4 % de chômage, selon les derniers chiffres de l’Insee.

La position du maire de la seconde ville de l’Hérault avait déjà été renforcée en 2017 par l’élection de son épouse Emmanuelle, députée (non-inscrite, apparentée RN) de la circonscription comprenant Béziers. Emmanuelle Ménard est également conseillère communautaire.