Municipales dans le Pas-de-Calais : Le tribunal annule l'élection à Ambleteuse

AUX URNES L’opposant du maire, battu de 16 voix, avait dénoncé des irrégularités avant et pendant l’élection

Mikaël Libert

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Les habitants d'Ambleteuse vont devoir voter à nouveau (illustration).
Les habitants d'Ambleteuse vont devoir voter à nouveau (illustration). — M.Libert / 20 Minutes

Retour aux urnes. Ce mercredi, le tribunal administratif de Lille a annulé l’élection municipale du 15 mars dernier à Ambleteuse, une petite commune du Pas-de-Calais. La liste concurrente du maire sortant, Arnaud Lelievre du Brœuille, avait notamment dénoncé la diffusion de tracts diffamatoires à l’encontre de Stéphane Pinto, sa tête de liste.

Le maire sortant d’Ambleuteuse, Arnaud Lelievre du Brœuille, avait été réélu dès le premier tour de l’élection municipale, le 15 mars dernier, avec 50,69 % des suffrages exprimés. Son challenger malheureux, Stéphane Pinto, ancien patron pêcheur, était tout de même parvenu à le talonner. Sa défaite ne s’est d’ailleurs jouée qu’à 16 voix, une différence d’autant plus maigre que la participation dans cette commune de 1.800 habitants a tout de même atteint plus de 66 %.

Deux arguments font mouche sur les dix avancés

Du coup, un colistier de Stéphane Pinto a déposé, quelques jours après le scrutin, une procédure en annulation auprès du tribunal administratif de Lille. Sur la dizaine d’arguments avancés, la liste perdante affirmait que « la campagne électorale a été entachée par la distribution de tracts diffamatoires », que « les moyens de la commune ont été utilisés pour la campagne du maire », que « la régularité de plusieurs dizaines de procurations est douteuse » ou encore que « l’identité des électeurs n’était pas contrôlée lors des opérations de vote. »

Sur les tracts diffamatoires, le tribunal a effectivement considéré que leur diffusion a pu « jeter le discrédit sur la liste conduite par M. Pinto. » Le tribunal a aussi retenu le fait « que certains électeurs de la commune ont pu voter sans avoir été invités à présenter leur carte d’identité ». Dans sa décision finale d’annuler l’élection, le tribunal fait valoir que, compte tenu du faible écart de voix entre les candidats, les « manœuvres ou irrégularités […] ont été de nature à altérer la sincérité du scrutin. »