Elections municipales à Nice : Zoom sur les trois mesures phares du nouveau mandat de Christian Estrosi

POLITIQUE Certaines suscitent de vives réactions

Olfa Ayed

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Vue avant-après où le maire de Nice a prévu de remplacer le Théâtre national de Nice et le palais Acropolis par un prolongement de la coulée verte
Vue avant-après où le maire de Nice a prévu de remplacer le Théâtre national de Nice et le palais Acropolis par un prolongement de la coulée verte — Estrosi2020 / Montage 20 Minutes
  • La liste (LR) de Christian Estrosi a été élue le 28 juin au second tour des municipales à Nice.
  • Ce vendredi a débuté son nouveau mandat à la tête de la ville.
  • L’occasion de faire le point sur les projets qu’il souhaite mener durant les six prochaines années.

Il est reparti pour un troisième mandat avec une majorité (56 élus) renouvelée de moitié et un nouveau premier adjoint. C’est désormais Anthony Borré, son directeur de cabinet pendant douze ans, qui secondera Christian Estrosi, réélu maire de Nice vendredi par le conseil municipal, après sa victoire au second tour des municipales.

Le projet de cette nouvelle mandature va maintenant pouvoir être déroulé. Mais avec quels grands chantiers ? 20 Minutes revient sur les trois mesures phares qui attendent les Niçois pour les six prochaines années.

L’extension de la coulée verte et la destruction du TNN et d’Acropolis

« En accord avec sa directrice et le ministre de la Culture, le Théâtre national de Nice (TNN), qui exige d’énormes et coûteux travaux de mise aux normes, sera relocalisé [dans l’ancienne église des] Franciscains, place Saint-François, et Acropolis, démoli, sera remplacé par un parc d’exposition moderne plus proche de l’aéroport », avait détaillé Christian Estrosi, lors de son premier meeting, en janvier 2020.

Le maire, alors candidat, avait annoncé sa volonté de prolonger la coulée verte en rasant ces équipements. Un projet confirmé il y a quelques jours lors d’une interview accordée à 20 Minutes. L’idée est donc de poursuivre la promenade du Paillon, inauguré fin 2013 sur 1,2 km de long. Cet espace vert avait déjà nécessité la destruction de l’ancienne gare routière de Nice et de ses jardins suspendus.

Mais cette mesure a reçu de vives critiques. De sa nouvelle opposition, notamment. Jean-Marc Governatori, chef du groupe Europe écologie-Les Verts, dénonce un « désastre écologique et financier » et Philippe Vardon (Rassemblement National) demande au maire, soit de « renoncer au projet » soit d’« interroger les Niçois en organisant un référendum local ».

La construction d’un hôtel de police dans l’ancien hôpital Saint-Roch

Autre mesure attendue, celle d’établir un hôtel de police réunissant police municipale et nationale dans un même lieu : l’ancien hôpital Saint-Roch, au centre-ville de Nice, édifié au 19e siècle. Un projet de « mutualisation » réaffirmé lors de son discours au soir de sa réélection le 28 juin.

L'hôpital Saint-Roch, futur hôtel de police, le 21 juin 2019 à Nice
L'hôpital Saint-Roch, futur hôtel de police, le 21 juin 2019 à Nice - F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Les 36.000 m2 prévus dans le projet doivent accueillir la direction départementale de la sécurité publique, la police aux frontières, la police judiciaire, la direction départementale de la sécurité intérieure, mais aussi les locaux de la police municipale. Un « centre d’hypervision » doit aussi réunir le centre de vidéosurveillance de la ville de Nice, le centre de régulation du trafic et le poste de commandement de sécurité de la mairie. Une soixante de logements sociaux sera également affectée aux familles de policiers.

Mais ce projet souffre d’un important retard. En 2017, la mairie l’avait présenté et avait annoncé un début de travaux en 2019 pour une livraison en 2022. Or, ils n’ont toujours pas commencé et ne devraient finalement débuter qu’en 2022 (le service d’odontologie du CHU de Nice devant encore être relocalisé). L’hôtel de police ne devrait donc pas voir le jour avant 2024.

Le coût des opérations - estimé à 155 millions d’euros en 2017 - préoccupe certains élus. « Le coût potentiel m’inquiète, avait pointé l’élu EELV Fabrice Decoupigny devant l’assemblée municipale. Les bras m’en tombent parce qu’on va payer un équipement trois fois plus cher qu’ailleurs en France. A Lyon, l’hôtel de police a coûté 37 millions d’euros. »

La mise en place d’une Agence de sécurité sanitaire et environnementale

Le projet a été lancé en priorité, avant même la fin du précédent mandat et le début du nouveau, poussé de la crise du coronavirus. « Avant le Covid, je voulais étaler ce projet sur deux ou trois ans. On va finalement le mettre en place tout de suite », avait annoncé le maire à 20 Minutes avant le second tour.

Cette Agence de sécurité sanitaire et environnementale et de gestion des risques est « une entité qui tiendra aussi en compte la menace terroriste, les intempéries, les étés de plus en plus caniculaires, mais aussi l’alerte sismique », avait-il détaillé. Selon le maire, elle « renforcera l’attractivité écologique et économique de Nice ».