Elections municipales à Lille : Les deux candidats battus par Aubry contestent l’honnêteté du scrutin au tribunal administratif

POLITIQUE Les candidats LREM et EELV, Violette Spillebout et Stéphane Baly, tous deux battus au second tour des municipales à Lille, ont déposé un recours devant la justice pour contester l’élection de Martine Aubry

Gilles Durand

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Louis-Dominique Laugier, colistier, et Violette Spillebout, tête de liste de «Faire respirer Lille».
Louis-Dominique Laugier, colistier, et Violette Spillebout, tête de liste de «Faire respirer Lille». — G. Durand / 20 Minutes
  • Les candidats écologistes et LREM battus au second tour des élections municipales à Lille ont déposé une « protestation électorale » devant le tribunal administratif.
  • Tous deux reprochent des « irrégularités » durant la campagne et le second tour

« De nombreuses irrégularités nous ont été signalées durant cette campagne ». Pour Violette Spillebout, tête de liste (LREM) aux municipales de Lille, pas question de laisser tomber malgré sa large défaite, dimanche. Un de ses colistiers a décidé de déposer, ce vendredi, une « protestation électorale », auprès du tribunal administratif.

Il a été imité par la liste menée par Stéphane Baly (EELV). Avec seulement 227 voix de retard au second tour, les écologistes ont recompté les voix et trouvé, eux aussi des « irrégularités ». Les deux requêtes ont donc été déposées, quelques heures avant l’installation de Martine Aubry​ (PS) pour son quatrième mandat à la tête de la mairie de Lille.

Un « documentaire panégyrique »

Dans le camp de Violette Spillebout, on évoque un dossier 200 pièces justificatives. Les reproches vont du « courriel envoyé, quelques jours avant le scrutin, par une présidente d’association subventionnée par la mairie pour appeler à voter Aubry » à « une sportive de haut niveau embauchée le 16 mars et qui a participé à une distribution de tracts dans son quartier avant le second tour ».

Sans oublier un « documentaire panégyrique » sur Martine Aubry diffusé par France 3 en novembre alors qu’elle n’avait pas encore annoncé sa candidature. « L’ambiguïté entre la maire et la candidate a été savamment entretenue, ce qui constitue déjà une infraction à la législation électorale », estime Louis-Dominique Laugier, colistier et porteur de la plainte auprès du TA.

Une élection « faussée »

Ce dernier décrit également des mentions effacées au blanco sur des listes d’émargements ou encore des procurations acceptées à tort. « Sur un PV, un assesseur estime qu’un président de bureau de vote s’est livré à du rabattage d’électeurs, ce qui est interdit », ajoute Ingrid Brûlant, une autre colistière. Autant de griefs qui ont « faussé l’élection », selon Violette Spillebout.

Du côté d’EELV, on se montre moins prolixe dans les détails. Dans un communiqué, la liste Verte indique avoir constaté « des irrégularités pendant la campagne électorale et sur les opérations de vote elles-mêmes, confirmées après vérification par des militants, pendant deux jours, des listes d’émargements, des procurations et de bulletins considérés comme nuls ».

Contactée, la maire de Lille ne souhaite pas réagir dans l’immédiat, « ne connaissant pas le contenu exact des recours ».