Résultats des municipales à Toulouse : Pourquoi pas mal de choses devraient changer quand même

POLITIQUE Ce vendredi, le maire réélu de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (LR), repassera l’écharpe. Il pourrait y avoir quand même des changements dans cette continuité, sur la forme mais aussi sur le fond

Hélène Ménal

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La salle du Conseil municipal du Capitole, à Toulouse. Illustration.
La salle du Conseil municipal du Capitole, à Toulouse. Illustration. — F. Scheiber - Sipa
  • Nouvelle salle, nouveau dispositif pour la réinstallation de Jean-Luc Moudenc (LR) dans ses fonctions de maire de Toulouse ce vendredi.
  • Un conseil municipal qui verra l’arrivée de 35 nouvelles têtes sur 69 élus.
  • Avec un édile qui se dit prêt à reprendre des propositions écolos de sa nouvelle opposition.

Vous êtes mordu de politique, fan de tel ou tel élu, vous brûlez de connaître le nouveau casting des adjoints, un conseil, levez-vous tôt ce vendredi si vous voulez assister en live à « l’installation » de Jean-Luc Moudenc (LR), réélu maire de Toulouse dimanche avec 51,98 % des voix face à Antoine Maurice (Archipel). Car seules 60 personnes seront admises dans le public, « par ordre d’arrivée ». De plus, elles ne seront pas directement en présence des élus du nouveau conseil municipal mais dans une pièce à côté.

Crise sanitaire oblige, les principaux intéressés – 53 élus pour la liste gagnante Aimer Toulouse et 16 pour Archipel – ne se réuniront d’ailleurs pas non plus dans la bien nommée « salle du conseil municipal » du Capitole. Ils auront droit à la fameuse, et beaucoup plus vaste, salle des Illustres.

Autant dire qu’il sera bien plus simple de suivre les événements en direct sur le site de la mairie. On y verra mieux les nouvelles têtes. Car, si en théorie les Toulousains ont choisi de ne rien changer, la distribution ne sera pas la même : sur 69 conseillers, 35 n’ont jamais siégé (23 côté Moudenc, 11 chez Archipel) : l’astronaute Philippe Perrin d’un côté ou encore Odile Maurin, égérie des « gilets jaunes » et de l’accessibilité de l’autre, pour ne citer qu’eux.

« Ecologie pragmatique »

Sur le fond, après une fin de campagne assez délétère et dans un monde bousculé par le coronavirus, Jean-Luc Moudenc veut prendre acte du « rassemblement » qu’il a opéré dans les urnes en ralliant des suffrages de ce qu’il appelle « la gauche modérée ». « Je veux aussi tenir compte des électeurs qui n’ont pas voté pour moi, confie-t-il. Je suis prêt à reprendre une partie des propositions d’Archipel qui sont compatibles avec une écologie pragmatique sur les mobilités douces, la qualité alimentaire ou encore la sobriété énergétique. »

Pas sûr que cette « main tendue », précoce, soit accueillie avec le sourire par la nouvelle opposition. Antoine Maurice souhaite que les élus issus de sa liste fassent bloc dans un unique groupe politique. Mais deux élus, Pierre Lacaze pour le PCF et Vincent Gibert pour le PS, pourraient faire bande à part.