Elections municipales à Lille : Des journalistes de Radio France protestent contre la promotion d’un colistier de Martine Aubry

POLITIQUE En devenant directeur de la rédaction de France Culture et France Musique, un ancien colistier de Martine Aubry aux municipales s’attire les foudres de la société des journalistes de Radio France

Gilles Durand

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Arnaud Bousquet, au côté de Martine Aubry, lors de la campagne des municipales 2020  à Lille.
Arnaud Bousquet, au côté de Martine Aubry, lors de la campagne des municipales 2020 à Lille. — G. Durand / 20 Minutes
  • La société des journalistes de Radio France ne voit pas d’un bon œil l’arrivée d’Arnaud Bousquet comme directeur de la rédaction de France Culture et France Musique.
  • En cause, la participation de ce dernier à la campagne électorale de la maire de Lille, Martine Aubry, comme colistier.
  • Pressenti pour devenir adjoint aux sports à Lille, il a démissionné de la liste de la maire sortante dimanche, jour des élections municipales, pour privilégier sa prise de poste à France Culture et France Musique.

Sa nomination fait grincer quelques dents. La société des journalistes (SDJ) de Radio France ne voit pas d’un très bon œil l’arrivée d’Arnaud Bousquet comme directeur de la rédaction de France Culture et France Musique. En cause, sa participation comme colistier à la campagne électorale de  Martine Aubry (PS) pour les municipales à Lille.

Patron de France Bleu Nord, à Lille, jusqu’en novembre 2019, Arnaud Bousquet avait abandonné la direction éditoriale pour une mission plus technique. Mission qu’il comptait poursuivre s’il était élu. Avant d’être promu, jeudi (soit trois jours avant le second tour) au sein du groupe radiophonique de service public.

Il aurait dû être adjoint aux sports à Lille

Contacté par 20 Minutes, Arnaud Bousquet explique que, conformément aux règles déontologiques de Radio France, il a présenté sa démission à Martine Aubry, dimanche, alors que les résultats du scrutin n’étaient pas encore connus. Le journaliste se défend donc de toute faute déontologique.

« J’avance à visage découvert. J’ai été contacté par Martine Aubry pour être sur sa liste, raconte-t-il. Elle me proposait de devenir adjoint aux sports. J’ai accepté mais je ne suis pas encarté au PS. Mon modèle politique est plutôt Philippe Séguin et Martine Aubry le savait. »

Journalisme et politique

Comme la maire de Lille savait que ses ambitions au sein de Radio France pouvaient l’amener à démissionner au cours de la campagne, selon lui. « J’avais prévenu la maire de Lille que, de toutes les façons, même élu, je serai amené à travailler à Paris car je ne souhaitais pas vivre de la politique », assure-t-il.

Mais cette démission n’altère en rien la méfiance qui s’est installée au sein de la SDJ. « Ces allers retours "indiscutablement incompatibles" entre journalisme et politique nuisent à l’image d’indépendance de nos rédactions et troublent le message adressé tant à nos interlocuteurs politiques qu’à notre public, dans une période déjà marquée par une défiance envers les médias », indique-t-elle, sur Twitter.

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