Résultats des municipales dans l'Essonne : Après 25 ans de gestion Dassault, Corbeil-Essonnes passe à gauche

ELECTIONS Avec sa liste d'union de la gauche, Bruno Piriou, candidat pour la cinquième fois à la tête de la ville, a recueilli plus de 48% des voix

20 Minutes avec AFP

— 

Bruno Piriou, nouveau maire de Corbeil-Essonnes
Bruno Piriou, nouveau maire de Corbeil-Essonnes — SIPA PRESS
  • Le maire sortant de Corbeil-Essonnes a été battu dimanche, ce qui met fin à 25 ans de gestion du clan Dassault.
  • Avec sa liste d'union de la gauche, Bruno Piriou, candidat pour la cinquième fois à la tête de la ville, a recueilli plus de 48% des voix.
  • Jean-Pierre Bechter était maire depuis 2009 où il avait succédé au milliardaire après l'invalidation de sa réélection.

La fin d’une ère. Le maire sortant de Corbeil-Essonnes Jean-Pierre Bechter, bras droit de l’ancien édile et industriel Serge Dassault, a été battu dimanche par son rival historique Bruno Piriou qui met fin à 25 ans de gestion du clan Dassault.

Avec sa liste d’union de la gauche, Bruno Piriou, candidat pour la cinquième fois à la tête de la ville, a recueilli plus de 48 % des voix, tandis que celle de Jean-Pierre Bechter, soutenue par « Les Républicains » a recueilli 43 % des suffrages.

Fin de l’ère Dassault

Ex-bras droit de l’industriel décédé en mai 2018, Jean-Pierre Bechter était à la tête de cette ville de la grande couronne parisienne depuis 2009 où il avait succédé au milliardaire après l’invalidation de sa réélection. La ville avait été arrachée aux communistes en 1995 par Serge Dassault qui s’y était maintenu pendant quatorze ans avant de devoir passer le relais à Jean-Pierre Bechter.

Elle est, depuis, devenue indissociable de la figure du milliardaire. Une avenue éponyme, à l’entrée de la ville, avait même été inaugurée pour ses 90 ans.

Mais l’ère Dassault est aussi marquée par de nombreuses controverses. Mis en examen pour achat de votes et financement illicite de campagne électorale, l’homme d’affaires, décédé avant la tenue du procès, n’a jamais été jugé.

Jean-Pierre Bechter, qui a toujours revendiqué l’héritage de son prédécesseur, est quant à lui renvoyé devant le tribunal correctionnel.

« Le clientélisme à Corbeil-Essonnes, c’est fini ! »

La justice soupçonne la mise en place « d’un système pyramidal », passant par « des grands frères des cités » qui auraient eu pour mission de convaincre les électeurs d’aller voter Jean-Pierre Bechter en 2009 et 2010, en échange de dons, promesses de logement, emplois ou rémunération.

« J’ai envie de vous dire, quelle aventure ! C’est la victoire des Corbeil-Essonnois. Je suis forcément très ému. Et je voudrais penser aux colistiers, militants. Il y a six ans, on a dit que la richesse de Corbeil, c’est vous. Vous l’avez prouvé », a lancé dans son discours Bruno Piriou, devant une foule, rapporte Le Parisien. Et de préciser : « Je voudrais vous dire, le clientélisme à Corbeil-Essonnes, c’est fini ! Nous allons réussir tous ensemble. »