Résultats des municipales dans le Tarn : Le PS perd Carmaux, le fief de Jean Jaurès, après 128 ans de règne

HISTORIQUE Le nouveau maire de Carmaux (Tarn), Jean-Louis Bousquet, a la particularité de ne pas être socialiste. Cela n’était pas arrivé depuis 128 ans dans la circonscription de Jean Jaurès

H.M.

— 

La statue de Jean Jaurès à Carmaux.
La statue de Jean Jaurès à Carmaux. — Guillaume Collet - Sipa

Un séisme s’est produit ce dimanche soir dans le bassin minier de Carmaux, dans le Tarn. En réunissant 49,04 % des voix, Jean-Louis Bousquet, à la tête d’une liste citoyenne​ étiquetée divers gauche, a ravi l’hôtel de ville au sortant socialiste Alain Espié (34,09 %). Cette élection municipale s’est jouée lors d’une quadrangulaire où le candidat RN, Christian Legris, qui nourrissait de forts espoirs dans cette petite ville en déprise industrielle n’a fait que 10,81 % des suffrages, divisant son score du 1er tour par deux et où le candidat du centre a fait 6 %.

Mais l’histoire retiendra surtout que le vainqueur a mis fin à 128 ans de domination socialiste dans la circonscription de Jean Jaurès, où aucun candidat du parti à la présidentielle n’omet de tenir meeting, par superstition. La lignée avait démarré en 1892 avec l’élection de Jean-Baptiste Calvignac, le mineur dont le licenciement a provoqué la fameuse grande grève de Carmaux, rythmée par les discours enflammés de Jaurès.

Jean-Louis Bousquet et sa liste se disent « très fiers » d’être à l’origine de cette rupture. Le nouvel édile confie à La Dépêche du Midi régler « un problème récurrent d’image et d’attractivité du centre-ville » et « réorganiser certains services ».