Résultats des municipales 2020 à Montpellier : Qui est Michaël Delafosse, le nouveau maire de Montpellier ?

ELECTIONS Agé de 42 ans, le socialiste Michaël Delafosse a été largement élu à la tête de Montpellier, loin devant le maire sortant Philippe Saurel (DVG)

Jérôme Diesnis

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Michaël Delafosse (PS), ici sur la place de la Comédie, succède à Philippe Saurel (DVG) à la tête de Montpellier..
Michaël Delafosse (PS), ici sur la place de la Comédie, succède à Philippe Saurel (DVG) à la tête de Montpellier.. — Nicolas Bonzom / Agence Maxele Presse
  • Annoncé au coude-à-coude avec le maire sortant Philippe Saurel (DVG), Michaël Delafosse (PS) s’est largement imposé selon les estimations. Il est le nouveau maire de Montpellier.
  • Agé de 42 ans, ce professeur d’histoire-géo dans un collège de la ville a été conseiller municipal de Georges Frêche et adjoint à la culture et à l’urbanisme d’Hélène Mandroux.
  • Il s’est révélé au fil de la campagne, gagnant en assurance, en sérénité et en autorité.

Michaël Delafosse (PS) est le nouveau maire de Montpellier (Hérault). Membre du Parti socialiste, ce professeur d’histoire-géo au collège de 42 ans, s’est largement imposé dans la 7e ville de France. Vainqueur avec 47,22 % d’une triangulaire dans laquelle figurait aussi  Mohed Altrad (DIV), qui a rassemblé 18,12 % des voix, il y devance de près de 13 points le maire sortant Philippe Saurel (DVG), qui n’a séduit que 34,65 % des électeurs.

Conseiller municipal sous les mandats de Georges Frêche et d’Hélène Mandroux, qui lui avait apporté son soutien, il avait occupé successivement les postes d’adjoints à l’urbanisme et à la culture. Il était depuis six ans le chef de l’opposition face à Philippe Saurel (DVG), au conseil municipal de Montpellier. Un maire sortant dont il a brocardé le bilan avec de plus en plus de fermeté au fil de la campagne, gagnant en épaisseur au fil des mois.

« Le prochain maire ne doit pas se fâcher avec les uns et les autres, il doit les faire travailler ensemble », expliquait-il à 20 Minutes, quelques jours avant son élection. « Il doit incarner une forme d’autorité, sereine, pour la ville. Et donc, il est capable de faire des choix, et de les porter. Et moi dans cette campagne, à plein de moments, j’ai fait des choix. Des choix de dire non, de me taire, pendant le confinement, quand tout le monde critiquait. » Cette fermeté, il l’a notamment démontrée en refusant une femme voilée sur sa liste.

Une campagne sans fausse note

Contrairement à ses deux adversaires au second tour, sa campagne a été sans fausse note. Candidat de longue date (comme l’avait fait Philippe Saurel lors de son élection) à la mairie, il en a immédiatement donné le ton avec sa mesure phare : la gratuité du tramway pour les habitants de la métropole. Profitant de l’absence avant le premier tour de Philippe Saurel, qui s’est déclaré au dernier moment, il a pu exposer ses idées. Et obtenir un score inattendu fin mars, trois points derrière le maire sortant.

Refusant de tomber dans les manœuvres politiciennes de l’entre-deux tours, il a repoussé l’alliance avec le triumvirat Doullain-Ollier-Gaillard. Un trio qui lui apportait pourtant un potentiel de 26 % des suffrages, mais dont il doutait de la sincérité politique. « Quand on a voulu s’allier avec moi, quand je comprends que l’on est plus dans une logique de surenchère que de partenaires, qu’une logique sincère… Que l’on mettait au même niveau Mohed Altrad, Philippe Saurel et moi. C’est-à-dire le candidat de la gauche et des écologistes, et des… "divers". Moi, je dis non. Je suis pour la clarté, la cohérence, le sérieux », expliquait-il à 20 Minutes. Il a en revanche fusionné très rapidement avec les écologistes d’EELV, alliés « naturels » des socialistes. Ce double choix s’est avéré payant auprès des Montpelliérains.