Résultats des municipales : Jean-Luc Mélenchon parle d’une « grève civique » des Français

POLITIQUE Le leader de la France insoumise s'inquiète du taux d'abstention historique aux municipales

20 Minutes avec AFP

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Jean-Luc Mélenchon en conférence de presse à Marseille, le 6 juin 2020.
Jean-Luc Mélenchon en conférence de presse à Marseille, le 6 juin 2020. — Christophe Simon / AFP

Jean-Luc Mélenchon, le chef de file des Insoumis, s’est inquiété « d’une grève civique », « d’une forme d’insurrection froide contre toutes les institutions du pays » dimanche, au soir du second tour des élections municipales marqué par une très forte abstention. « C’est donc un moment compliqué, dangereux, de la vie de la nation qui se présente devant nous », a-t-il estimé, alors que plus de six électeurs sur dix ont boudé les urnes.

« Il est très difficile de tirer des enseignements d’une situation dans laquelle tant de gens s’abstiennent, où il y a un tel néant civique qui se dresse en face des listes », a-t-il continué, ajoutant que les élections municipales « auront surtout pourvu à l’aggravation de la crise civique dans ce pays ».

«L’heure du renouveau politique qui doit sonner»

« C’est donc l’heure du renouveau politique qui doit sonner. C’est donc l’heure du grand changement, grand changement des institutions, grand changement des politiques sociales, grand changement des politiques écologiques et naturellement, ce n’est pas avec ceux qui sont en place que ce changement peut avoir lieu », a-t-il développé.

Il a par ailleurs souligné « un échec massif du parti du président de la République, La République en Marche », tandis qu’il comparait les succès « remarquables » d’EELV à « une forme d’assainissement politique contre ceux qui changent d’étiquette et de rôle en cours de route », évoquant les villes dans lesquelles les anciens maires socialistes étaient passés à LREM.

Trois mois après un premier tour déjà bouleversé par la crise du coronavirus, ce second round a encore été marqué par un taux de participation en berne, entre 40 % et 41 % selon les estimations, contre 62,1 % en 2014. Malgré des précautions sanitaires exceptionnelles (port du masque obligatoire dans les bureaux de vote, gel hydroalcoolique) et le reflux de l’épidémie, une large majorité des 16,5 millions d’électeurs appelés à voter dans 4.820 communes ont boudé les isoloirs.Le 15 mars déjà, moins d’un électeur sur deux – 44,3 %, contre 63,5 % en 2014 – s’était déplacé pour voter au 1er tour. De quoi susciter la « préoccupation » d’Emmanuel Macron, pour qui cette abstention n’est « pas une très bonne nouvelle », selon l’Elysée.