Résultats des municipales à Lille : Martine Aubry s’impose avec seulement 227 voix d’avance sur les écologistes

ELECTIONS Au bout d’une soirée à suspense, la maire (PS) de Lille a finalement été réélue de justesse

Gilles Durand

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La maire (PS) de Lille, Martine Aubry, le soir de son élection, le 28 juin 2020.
La maire (PS) de Lille, Martine Aubry, le soir de son élection, le 28 juin 2020. — AFP
  • A l’issue d’une soirée électorale à suspense, la maire (PS) de Lille, Martine Aubry a été réélue avec 40 % des voix.
  • Elle devance son adversaire écologiste, Stéphane Baly, de 227 voix.
  • Le taux d’abstention a atteint le taux record de 68,3 %.

Seulement 227 voix d’écart. La victoire de la maire (PS) de Lille, Martine Aubry, s’est jouée à très peu de chose, ce dimanche, lors du second tour des municipales. Le candidat EELV, Stéphane Baly, est resté au coude à coude jusqu’au dépouillement du dernier bureau de vote. Mais Lille, contrairement à d’autres grandes villes de France, ne basculera pas chez les verts.

C’est donc avec 40 % des voix que Martine Aubry est arrivée en tête devant Stéphane Baly (39,4 %) à l’issue d’une campagne très tendue et incertaine. Les écologistes ont d’ores et déjà décidé de faire recompter les voix. De son côté, la candidate soutenue par LREM, Violette Spillebout, arrivée en troisième position avec 20,59 %, siégera aussi au beffroi.

« Triste face au taux d’abstention »

« Je suis triste face au taux d’abstention, alors que tous les candidats ont fait une grande campagne. C’est dire la difficulté de faire de la politique actuellement », a déploré, d’emblée, Martine Aubry, après l’annonce de sa courte victoire. Car comme au premier tour, les Lillois ne se sont guère déplacés en ce dimanche ensoleillé, plaçant le taux de participation en dessous de celui du premier tour (31 %).

« La démocratie est affaiblie, seulement 12 % des inscrits ont voté. Martine Aubry a été élue avec 7 % des Lillois », déplorait, pour sa part, le candidat battu, Stéphane Baly. Pour lui, « les résultats et le contexte doivent nous amener à l’humilité », estimant par ailleurs que « le vent du changement a soufflé » et qu’il « ne s’arrêtera pas ».

« On a besoin de repenser la société. J’ai entendu le message de la transition écologique », a souligné Martine Aubry qui va pourtant gouverner la ville pendant six ans, sans les écolos à ses côtés. Une première depuis qu’elle est maire de la ville. « Je regrette que l’alliance n’ait pas pu se faire à Lille. C’est une lutte fratricide, un combat pour rien », expliquait, pour sa part, Martine Filleul, première secrétaire de la fédération du Nord du PS.

« Nous aurons onze élus déterminés »

Comment ce nouveau conseil municipal va-t-il fonctionner ? Une chose est sûre. Le dossier de l’aménagement de la friche Saint-Sauveur, déjà très contesté, risque d’envenimer rapidement les relations entre la nouvelle majorité et les nouveaux opposants écologistes. « Nous aurons onze élus déterminés », annonce Stéphane Baly.

De son côté, Violette Spillebout annonçait se réjouir de devenir « conseillère municipale pour la première fois ». Mais force est de constater que le résultat est en deçà des espérances affichées. L’occasion pour Valérie Petit, députée (ex-LREM) du Nord et candidate déchue à la mairie de Lille, d’évoquer une nouvelle forme de gouvernance : « Les Lillois seront nombreux à attendre de leur Maire des actes forts en la matière et le partage des clés de la ville ».