Résultats des municipales à Lille : Qui est Stéphane Baly, l’écolo qui a fait trembler Martine Aubry

POLITIQUE Originaire de Bretagne, Stéphane Baly, candidat malheureux à la mairie de Lille, a ancré son engagement écologiste dans cette ville depuis 2003

Gilles Durand

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Stéphane Baly, candidat EELV aux élections municipales a Lille, devant le parc Jean-Baptiste Lebas, à Lille,  le 18 juin 2020.
Stéphane Baly, candidat EELV aux élections municipales a Lille, devant le parc Jean-Baptiste Lebas, à Lille, le 18 juin 2020. — SARAH ALCALAY/SIPA
  • Le candidat écologiste Stéphane Baly a perdu au second tour des municipales à Lille, à 227 voix près, face à Martine Aubry.
  • Originaire de Vannes, il a découvert l’écologie tout petit.
  • A 48 ans, cet ingénieur, spécialisé dans l’énergie et titulaire d’un doctorat, s’est lancé en politique par esprit de résistance.

Après avoir été son allié, il va devenir son principal opposant. Stéphane Baly est passé tout près de réaliser la surprise lors du second tour des municipales en faisant tomber la maire (PS) de Lille, Martine Aubry. A 227 voix près, le candidat écolo a donc raté son pari.

Originaire de Vannes, il a découvert l’écologie, tout petit. « A l’école primaire, il y avait un potager, une station météo, raconte-t-il. Et surtout, j’ai été marqué par la série de dessins animés Il était une fois l’homme ». L’école mais aussi son éducation en font un écolo convaincu. « Mon père, qui était prof en lycée technique, allait travailler à pied et on a toujours pratiqué le tri à la maison », se souvient-il.

Enseignant à HEI et à l’Ecole centrale

Agé de 48 ans, cet ingénieur, spécialisé dans l’énergie et titulaire d’un doctorat, s’est lancé en politique par esprit de résistance en 1998. Le président de l’ex-région de Picardie, Charles Baur, venait d’être réélu grâce à un accord entre la droite et l’extrême droite. « C’était un électrochoc. Je me suis dit : ne compte pas sur ton voisin pour défendre tes idéaux. »

Le jeune homme, étudiant à Compiègne, puis à Londres, intègre le parti des Verts. Il ne le quittera plus. En 2003, il débarque à Lille comme enseignant à HEI et à l’Ecole centrale. C’est à cette période qu’il cofonde Virage Energie, une association regroupant plusieurs collectifs. Objectif : proposer des solutions alternatives au nucléaire et au pétrole.

Stéphane Baly, dans le QG d'EELV, le soir du second tour, à Lille.
Stéphane Baly, dans le QG d'EELV, le soir du second tour, à Lille. - G. Durand / 20 Minutes

« C’était un gros bosseur, méthodique, réglo et très fiable dans ses engagements, se souvient l’actuel président de Virage Energie, Paulo-Serge Lopes, qui l’a côtoyé, il y a une quinzaine d’années. Ce n’est pas quelqu’un de buté. Je ne suis jamais engueulé avec lui. » Et dans le parti écologiste, c’est une situation rare.

Martine Aubry, « la maîtresse de Lille »

Au sein de Virage Energie et d’Enercoop, Stéphane Baly va tracer son sillon jusqu’à son engagement sur la liste EELV aux municipales à Lille, en 2014. Il est élu conseiller municipal sur une liste d’union avec le PS de Martine Aubry, qu’il appelle aujourd’hui « la maîtresse de Lille », en référence à son autorité professorale.

Chef des élus écologistes, il a donc joué les élèves indisciplinés pendant tout le précédent mandat. Une ancienne d’EELV lui reproche d’ailleurs de ne pas « avoir eu assez d’autorité sur son groupe ». « Il a été incapable de contenir les critiques alors qu’ils participaient à l’exécutif. Ça mettait en péril le travail accompli ensemble. C’est un écologiste convaincu qui a une réelle volonté de réaliser la transformation écologiste, mais on ne peut pas faire de l’écologie contre la volonté des gens » », dénonce-t-elle.

Une autre figure régionale d’EELV pense au contraire qu’il est « capable de rassembler au-delà du cercle des militants écolos ». « C’est un environnementaliste pur, peu préoccupé par la vision gauchiste et sociale du mouvement », glisse-t-elle. « Une chose est sûre, note Paulo-Serge Lopes. On ne va jamais le prendre à défaut sur l’engagement énergétique et l’aménagement urbain. » Une autre chose est sûre : les débats risquent d’être tendus au conseil municipal de Lille.