VIDEO. Municipales 2020 à Strasbourg : « Il y a ceux qui ont pensé à eux, nous on a pensé à Strasbourg », assure le candidat LREM Alain Fontanel

INTERVIEW Avant le second tour des municipales le 28 juin, « 20 Minutes » interroge les candidats encore en lice. A Strasbourg, Alain Fontanel (LREM) justifie son rapprochement avec Jean-Philippe Vetter (LR)

Propos recueillis par Thibaut Gagnepain et Gilles Varela

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Alain Fontanel sur le quai des Bateliers, à Strasbourg.
Alain Fontanel sur le quai des Bateliers, à Strasbourg. — G. Varela / 20 Minutes
  • Après le premier tour des élections municipales le 15 mars, il reste trois candidats à la mairie de Strasbourg : Jeanne Barseghian (EELV), Alain Fontanel (LREM) qui a fait alliance avec Jean-Philippe Vetter (LR), et Catherine Trautmann (PS).
  • Arrivé en deuxième position avec 19,86 % des suffrages exprimés, le représentant LREM défend son rapprochement avec le représentant LR : « On est plus fort à deux que tout seul. »
  • L’actuel premier adjoint insiste sur la crise économique et sociale actuelle. « Nous avons établi un ensemble de mesures pour clairement être la liste de la relance », lance-t-il.

Mur en pierres apparentes et mobilier réduit au strict minimum. Ambiance de chantier à « La Fabrique », le local de campagne d’Alain Fontanel ce mercredi matin. Le candidat LREM et actuel premier adjoint ne pouvait pas échapper aux questions sur son rapprochement avec Jean-Philippe Vetter (LR). Il a défendu sa position et détaillé son programme, notes à l’appui.

Vous êtes présenté depuis des années comme le successeur désigné du maire actuel, Roland Ries. Le deuxième tour des municipales approche, vous devez avoir hâte, non ?

C’est un enjeu important pour Strasbourg et c’est aussi un engagement personnel. Oui, c’est un rendez-vous qui compte dans une vie.

Vous le préparez depuis longtemps ?

Non, je ne me suis jamais projeté maire de Strasbourg avant la campagne. J’étais concentré sur ma tâche (de premier adjoint). Après, il y a eu beaucoup de commentaires mais là, on est confronté à une crise économique et sociale sans précédent. Le moment est grave pour Strasbourg et ses habitants.

C’est ce qui vous a poussé à faire alliance avec le représentant Les Républicains, Jean-Philippe Vetter ?

On a pris nos responsabilités face à la gravité du moment. Il y avait un éparpillement politique très important face à cette crise et on ne joue pas l’avenir d’une ville sur une quadrangulaire. On est plus fort à deux que tout seul. Alors qu’en face il y avait de la défiance, on a fait le choix de la confiance.

Mais vous aviez aussi discuté avec Catherine Trautmann…

Elle est ancienne maire, ancienne ministre, membre de l’équipe sortante. Il était aussi normal que je m’adresse à elle. Jean-Philippe Vetter aussi a proposé une alliance « à l’allemande », à trois. Il y a ceux qui ont pensé à eux, nous on a pensé à Strasbourg.

Vos adversaires, notamment vos anciens amis au Parti socialiste, vous reprochent d’avoir retourné votre veste. Que leur répondez-vous ?

Il y a beaucoup d’hypocrisie là-dedans. A l’eurométropole, on a une gouvernance qui associe LR, PS, les Verts et LREM. Je ne vois pas pourquoi les mêmes qui trouvent normal qu’on gouverne ensemble là-bas trouveraient anormal qu’on le fasse à la ville. On est dans une terre de concorde.

Est-ce que cette alliance était aussi nécessaire après votre score assez décevant (19,86 %) du 1er tour ? Vous apparaissiez plus haut dans les sondages…

J’arrive deuxième et j’aurais souhaité, comme tous les candidats, avoir un score plus élevé. Mais de toute manière, on ne gouverne pas seul. On gouverne en partageant le pouvoir, en dialoguant avec les citoyens, c’est comme ça qu’on construit le consensus. J’aurais probablement fait alliance même si j’avais terminé en tête le 15 mars.

Comment se passe votre entente avec Jean-Philippe Vetter ?

On se connaissait déjà mais on se découvre évidemment plus car nous passons beaucoup de temps ensemble. On a une vraie confiance et le poids du sens des responsabilités. Ça rend les choses très fluides et faciles. Nous avions beaucoup de points de convergences dans nos programmes. Quelques différences aussi, comme les autres en ont entre eux.

Alain Fontanel, candidat LREM aux municipales 2020 à Strasbourg. Le 17 juin 2020.
Alain Fontanel, candidat LREM aux municipales 2020 à Strasbourg. Le 17 juin 2020. - G. Varela / 20 Minutes

Si vous êtes élu, quelles seront vos trois priorités ?

D’abord, ce sera l’état d’urgence économique. Nous avons établi un ensemble de mesures pour clairement être la liste de la relance. Comme des allégements de charges pour les commerces, les TPE, les PME, comme un chèque de consommation pour soutenir les familles les plus modestes ou comme la pérennité du stationnement gratuit entre 12h et 14 h pour aider les restaurants et cafés. Notre deuxième priorité sera de relever le défi environnemental avec une ville moins dense, plus verte, moins polluée. La troisième, ce sera de prendre soin de ceux qui prennent soin de nous, c’est-à-dire les aidants familiaux, les associations, les personnels de santé. Plus généralement, nous mettrons la thématique de l’alimentation et de la qualité de vie au cœur du projet. Et j’ajoute une quatrième priorité liée à la sécurité et à la propreté. C’est un enjeu de civisme.

Qu’a changé la crise sanitaire dans votre programme ?

« Le Covid-19 a mis en avant des objectifs. Il faut réussir l’alliance entre l’économie, le social et l’environnement et ne pas sacrifier un point au détriment des autres. Je pense que c’est ce que fait la liste des Verts. Or on ne pourra pas appréhender cette crise sans un équilibre.

Vous inscrirez-vous dans la lignée du maire actuel qui vous soutient, Roland Ries, ou vous désolidarisez-vous de son bilan ?

La ville s’est profondément transformée ces dernières années avec des vraies réussites, comme les quais, la manufacture des tabacs, les bains municipaux, la Coop, plusieurs places… Les Strasbourgeois reconnaissent ces réussites. Se projeter vers l’avenir, c’est relever des défis nouveaux. Aujourd’hui, la densité urbaine est excessive à Strasbourg. Le béton a trop remplacé les espaces verts, la pollution est trop forte et la qualité de vie se dégrade en ville. Il faut la dédensifier, moins construire mais aussi davantage rénover l’habitat existant et garantir des espaces verts à proximité de chacun.

Que sera un éventuel mandat réussi pour vous ?

Mon objectif, c’est d’apporter des solutions concrètes aux problèmes du quotidien des Strasbourgeois, d’améliorer leur qualité de vie. C’est sur ce point qu’on pourra juger ou non la réussite de mon mandat.