Municipales 2020 à Rennes : « Je vais m’inscrire dans la durée », assure Charles Compagnon

INTERVIEW Avant le second tour des municipales le 28 juin, « 20 Minutes » interroge les candidats encore en lice. Candidat de la droite et du centre à Rennes, Charles Compagnon sait que ses chances d’être élu maire sont infimes. Mais il veut quand même y croire

Propos recueillis par Jérôme Gicquel

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Le candidat de la droite et du centre Charles Compagnon est arrivé en 4e position au premier tour des municipales à Rennes.
Le candidat de la droite et du centre Charles Compagnon est arrivé en 4e position au premier tour des municipales à Rennes. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Après le premier tour des élections municipales le 15 mars, il reste trois candidats à la mairie de Rennes : Nathalie Appéré (PS), Carole Gandon (LREM) et Charles Compagnon, candidat de la droite et du centre.
  • Arrivé en 4e position avec 12,21 % des suffrages exprimés, Charles Compagnon fait figure d’outsider.
  • Le restaurateur, qui goûtait pour la première fois à la politique, a prévu de s’inscrire dans la durée dans la capitale bretonne.

On l’a connu plus virulent, notamment lors du mouvement des « gilets jaunes ». Ancien président de l’association des commerçants du centre-ville de Rennes, Charles Compagnon se montre plutôt en retrait lors de cette campagne d’entre-deux-tours, laissant à son adversaire Carole Gandon (LREM) le soin de taper sur le tandem Appéré-Theurier. Arrivé en quatrième position le 15 mars avec 12,21 % des suffrages, loin derrière la maire sortante et son allié écologiste, le candidat de la droite et du centre sait qu’il ne fait pas figure de favori. Mais le restaurateur veut croire en ses chances et se projette déjà à plus long terme.

Vous n’aviez pas caché votre déception au soir du premier tour. Avez-vous digéré le résultat ?

J’espérais faire entre 15 et 20 % et j’ai réalisé 12 %. Donc je suis déçu bien sûr et je n’essaye pas de tourner cette déception en victoire. Après j’ai eu le temps d’analyser mon score et je me suis aperçu que l’annonce de la fermeture des restaurants et des bars la veille du premier tour avait fortement démobilisé notre électorat. On avait un potentiel de voix qui ne s’est pas exprimé le 15 mars. Mais je sais aussi que je n’ai pas une grosse notoriété sur Rennes. J’ai beau être un candidat volontaire et sincère, les gens ne votent pas pour quelqu’un qu’ils ne connaissent pas.

Le fait de ne pas avoir d’étiquette politique n’a-t-il pas joué non plus en votre défaveur ?

Peut-être. Mais c’est un choix, celui d’être un candidat rennais avant tout. Ce n’est pas le côté parti qui me gêne, je revendique d’avoir des militants du Modem, des Républicains et du Parti breton sur ma liste. Mais je ne voulais pas me faire imposer des choses par Paris. Je n’ai d’ailleurs sollicité aucune investiture.

Vous avez pris goût à cette première expérience en politique ?

Complètement. J’aime cette ville que je ne veux pas quitter. Mais il y a surtout eu une rencontre avec les Rennais et les Rennaises, même ceux qui n’étaient pas d’accord avec moi. Cela m’a conforté dans l’idée de continuer ce combat et je compte bien m’inscrire dans la durée à Rennes.

Après son alliance avec les Verts, Nathalie Appéré s’annonce comme la grande favorite pour sa réélection. Comment abordez-vous ce second tour ?

Je vais user de la métaphore sportive car je suis très sportif. En tout cas, tant que le coup de sifflet final n’est pas donné, le match n’est pas plié. Après je ne suis pas stupide. Quand on cumule les scores du PS et des Verts, on arrive à près de 60 % des suffrages. Mais si on regarde bien les scores, on se rend compte que la majorité sortante n’a pas non plus reçu un plébiscite. Et la crise du Covid nous a aussi appris qu’il ne fallait pas avoir de certitudes sur l’avenir, tout peut être remis en cause. Donc même si ma victoire serait la surprise du siècle à Rennes, personne ne sait pas ce qui va se passer dans dix jours.

Dans plusieurs grandes villes, la droite s’est alliée avec LREM. Une fusion avec Carole Gandon a-t-elle été envisagée ?

Pas du tout. Il y a bien eu quelques discussions mais les conditions n’étaient pas du tout réunies. J’ai embarqué avec moi toute une équipe dans cette histoire et je ne voulais pas les abandonner en cours de route. Et il n’y a pas non plus d’intérêt arithmétique à cette fusion. Pour peser dans le débat municipal, il faut des élus et des groupes d’opposition.

Vous êtes très critique sur la décision de la maire de Rennes de transformer les quais Nord de Rennes en vélorue.

Cette décision a été prise sans concertation, ce qui est souvent le cas. Je ne décolère pas contre ce projet qui a tout d’une compromission politique. Il faudra assumer après quand tous les commerces indépendants auront fermé dans le centre-ville. L’abandon du projet de Zénith et les menaces qui pèsent sur l’aéroport m’inquiètent également.

La crise du coronavirus vous a-t-elle fait revoir vos priorités ?

Cette crise nous a en fait prouvé qu’on avait raison, même si cela peut paraître bizarre de le dire ainsi. Je me bats contre la densification de cette ville. L’homme n’est pas fait pour vivre perché tout en haut de tours, il a besoin de connexion à la terre. Et ces constructions de grande hauteur ne sont pas l’identité de Rennes, il faut respecter l’histoire de cette ville. Il y a d’autres solutions pour loger tous ces nouveaux habitants. Il faudrait déjà mieux répartir la population à l’échelle du Pays de Rennes. Et puis il y a encore des endroits où l’on peut construire à Rennes. On aurait ainsi pu imaginer des immeubles d’habitation sur l’ancien site de la Barre Thomas le long de la rocade plutôt que d’en faire une nouvelle zone commerciale.