VIDEO. Municipales 2020 : « Nantes ne doit pas devenir la capitale des projets absurdes », lance Laurence Garnier (LR)

INTERVIEW Avant le second tour des municipales le 28 juin, « 20 Minutes » interroge les candidats encore en lice. Laurence Garnier, tête de liste de la droite et du centre, est « convaincue du besoin de changement à Nantes »

Propos recueillis par Julie Urbach
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Laurence Garnier, candidate de la droite et du centre à la mairie de Nantes, le 12 juin 2020.
Laurence Garnier, candidate de la droite et du centre à la mairie de Nantes, le 12 juin 2020. — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Après le premier tour des élections municipales le 15 mars, il reste trois candidates à la mairie de Nantes : Johanna Rolland (PS-EELV), Laurence Garnier (LR) et Valérie Oppelt (LREM)
  • Arrivée en deuxième position avec 19,93 % des suffrages exprimés, Laurence Garnier, 41 ans, fait figure d’outsider.
  • Après la crise, son refus d’une métropole « à un million d’habitants » s’est encore renforcée.

Arrivée en deuxième place mais plus de 11 points derrière la liste de Johanna Rolland (PS) le soir du 15 mars à Nantes, Laurence Garnier ne s’avoue pas vaincue. La candidate de droite et du centre, qui a fermé sa permanence pour mener une « télécampagne » en raison de la crise sanitaire, revient pour 20 Minutes sur le contexte de ce second tour des municipales et son projet pour Nantes.

Repartir en campagne n’est-il pas trop difficile, après la crise sanitaire et votre résultat du premier tour (19,93 %) ?

L’état d’esprit avec lequel je repars, c’est celui d’une sportive, que je suis. J’irai jusqu’au coup de sifflet final donné par les Nantais le 28 juin, même si j’ai déjà fait savoir que je n’étais pas favorable à cette date. Ce n’est pas en ce moment que l’on peut s’intéresser à l’élection et échanger de façon sereine sur l’avenir des six prochaines années. Je le regrette profondément car les enjeux de court terme liés à la crise, bien réels, risquent d’occulter ceux du long terme. Je m’inquiète de l’état dans lequel on va retrouver notre ville en 2026, par exemple sur la question de la sécurité qui est loin d’être réglée, si rien n’est fait pour amorcer un changement.

L’alliance entre les Verts et le PS vous a-t-elle surprise ?

La politique politicienne a pris le pas sur le projet lors de ce second tour. Nous n’avions pas écarté cette hypothèse même si j’avais trouvé Madame Laernoes hautement vindicative vis-à-vis de Madame Rolland. Beaucoup d’électeurs de la première, qui l’avaient soutenue pour montrer leur opposition à la maire sortante, ont dû se sentir trahis, car elles ne sont d’accord sur rien : je suis certainement bien plus proche du projet de Johanna Rolland qu’elle ne l’est de celui porté par les Verts ! La ville va être impossible à gouverner si cet attelage contre-nature est reconduit. Et on ne sera plus dans l’immobilisme mais dans la décroissance !

Pourquoi n’avez-vous pas réussi à vous entendre avec Valérie Oppelt (LREM) ?

On avait des points communs mais elle a choisi de proposer cette alliance improbable de liste commune à toutes les candidates. Le jeudi pourtant elle m’avait donné son accord pour que l’on ouvre des discussions. Et le vendredi elle m’a rappelée pour me dire « finalement non ». Donc je ne sais pas ce qu’il s’est passé, à part qu’il y a énormément de dissensions au sein de son équipe.

La crise du Covid a-t-elle modifié des éléments de votre programme ?

Elle en a conforté. Il y a d’abord cette urgence d’un moratoire concernant le projet de CHU sur l’île de Nantes qui est un mauvais projet au mauvais endroit. Ce sera ma première mesure tant qu’il est encore temps de stopper le projet : après YelloPark, Nantes ne doit pas devenir la capitale des projets absurdes. J’ai aussi souvent dit pendant la campagne que je ne voulais pas d’une métropole à un million d’habitants, et la crise sanitaire ne fait que renforcer ma conviction. Je suis pour une croissance sobre et responsable, en réfléchissant à l’échelle des bassins de vie (Ancenis, Châteaubriant…) à une meilleure répartition des emplois, logements, services…

La crise a montré ce besoin d’espace et de mise au vert. Se confiner dans une maison un peu loin de Nantes est plus facile qu’au 12e étage d’une tour du Port-Boyer. Le rôle du politique c’est d’impulser ça, Nantes ne peut pas continuer à tout aspirer. Il faut développer les transports, les réseaux pour favoriser le télétravail dans ces bassins, afin d’y attirer les entreprises et les acteurs du logement.

Comment imaginez-vous votre avenir en cas de défaite ? Au Sénat comme l’affirme Johanna Rolland ?

Je continuerai à me battre pour les Nantais même si j’espère encore inverser la tendance. Je suis toujours convaincue du besoin de changement à Nantes et je suis la seule liste qui l’incarne ! Quant au Sénat, effectivement ça fait partie des possibles [elle était deuxième sur la liste du sénateur Christophe Priou] mais comme beaucoup d’autres choses : je pourrais reprendre mon boulot dans l’automobile, avoir un autre enfant, partir vivre sous les tropiques… Je vois bien le petit jeu de Madame Rolland mais je préférerais qu’elle combatte mon projet plutôt que de se livrer à ce genre de réflexion sans intérêt.