Municipales 2020 à Bordeaux : Florian et Cazenave main dans la main pour défendre la ville du quart d’heure

ELECTIONS Les deux nouveaux colistiers, qui s’affichent désormais ensemble sur la liste Union pour Bordeaux, ont défendu ce vendredi ce concept urbain qui doit favoriser l’émergence de quartiers où il fait bon vivre

Mickaël Bosredon
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Thomas Cazenave (à gauche), Julia Mouzon et Nicolas Florian, le 12 juin 2020 à Bordeaux.
Thomas Cazenave (à gauche), Julia Mouzon et Nicolas Florian, le 12 juin 2020 à Bordeaux. — Mickaël Bosredon/20 Minutes
  • Le maire sortant Nicolas Florian et l’ancien candidat LREM Thomas Cazenave, ont effectué ce vendredi leur première sortie de terrain dans le quartier Saint-Augustin.
  • Avec la numéro deux de la liste Julia Mouzon, ils ont défendu le concept de ville du quart d’heure qu’ils veulent appliquer à Bordeaux.
  • Un projet qui ne remettra pas en cause la requalification urbaine des boulevards de Bordeaux, a assuré Nicolas Florian.

C’était leur première sortie de terrain ensemble. Ce vendredi, Nicolas Florian et Thomas Cazenave, ancien candidat LREM à la mairie de Bordeaux qui a rejoint le maire sortant, sont allés à la rencontre des commerçants du quartier Saint-Augustin. Ils en ont profité pour présenter l’affiche de cette nouvelle liste Union pour Bordeaux, où ils apparaissent tous deux désormais.

Accompagnés de Julia Mouzon, numéro deux de la liste juste devant Thomas Cazenave, ils ont décliné les grands principes de la ville du quart d’heure qu’ils veulent appliquer durant la prochaine mandature s’ils sont élus. Un concept qui séduit de plus en plus d’élus, et que son théoricien, le professeur des universités et urbaniste Carlos Moreno, est venu présenter lui-même.

Saint-Augustin, « l’image que l’on souhaite développer sur notre ville »

Cette ville du quart d’heure, « c’est l’idée d’une ville polycentrique, avec des bassins de vie, comme ici à Saint-Augustin où on trouve une école, des commerces, une Poste, une piétonnisation qui s’esquisse petit à petit, des accès vélos qui méritent d’être améliorés. C’est l’image que l’on souhaite développer sur notre ville », résume Nicolas Florian.

Même si le maire sortant reconnaît que la crise du coronavirus, et le confinement, « doivent nous renforcer dans cette conviction de changer un certain nombre de nos usages », Julian Mouzon insiste de son côté sur le fait que ce concept de proximité était déjà dans le programme, avant la crise, et avant la fusion avec Thomas Cazenave.

« C’est la ville dans laquelle on peut s’épanouir »

« Dès la campagne du premier tour, nous avons travaillé sur cette idée de ville polycentrique, apaisée, qui protège ses habitants, et qui va vers les mobilités douces, rappelle-t-elle. Après la crise du coronavirus, quand on a repris le projet, la réponse naturelle qui nous est venue, c’est cette ville du quart d’heure. C’est la ville dans laquelle on peut s’épanouir. Même si c’est un exercice périlleux, car on part d’une ville qui s’est construite avec des quartiers qui se sont parfois spécialisés, comme Meriadeck. »

« Pendant douze mois, nous avons défendu le concept de ville-quartiers, partant du principe que nos quartiers sont beaucoup trop grands, constate Thomas Cazenave. Il faut retravailler la maille des quartiers, transformer nos services publics, soutenir le commerce de proximité, et nous avons des grands quartiers qui ne l’offrent pas. »

« Utiliser plus et mieux ce qui est déjà bâti »

Carlos Moreno avait fait très rapidement l’aller-retour depuis Paris pour venir expliquer son concept, adopté par la maire de Paris Anne Hidalgo (PS), par Michèle Lutz (LR) à Mulhouse ou encore Johanna Rolland (PS) à Nantes. « Plutôt que de continuer à bâtir, comment utiliser plus et mieux ce qui est déjà bâti, c’est cela l’idée, avec notamment la transformation de lieux pour qu’ils servent à plusieurs choses : le week-end une école pourrait servir à d’autres activités, un lieu sportif pourrait accueillir des associations… », détaille-t-il.

Et Thomas Cazenave d’ajouter « qu’un théâtre pourrait aussi être un point d’accès au public », ce qui permettrait de ne pas bâtir des mairies dans chaque nouveau quartier.

L’idée de la ville millionnaire a aussi apporté « une dégradation des conditions de vie »

L’idée fait en tout cas table rase du projet de ville millionnaire défendu en 2014 par Alain Juppé. « Dès que l’on a construit notre projet, on a vite vu qu’on était dans un changement de paradigme, souligne Julia Mouzon, et là où Alain Juppé avait conceptualisé la ville millionnaire, une ville qui attire, qui concentre les richesses, qui se développe, on a vu que ce changement avait aussi parfois apporté aux Bordelais une dégradation de leurs conditions de vie, avec plus d’embouteillage, plus de congestion urbaine, des prix de logements qui explosent… »

« Ce projet d’étendre le centre-ville, dans le but de lutter contre l’étalement urbain, ce n’était pas seulement celui d’Alain Juppé, tempère Nicolas Florian. Je ne sais pas si cela a été une erreur, car cela a été un facteur d’attractivité. Mais nous considérons qu’aujourd’hui, c’est cette vision polycentrique qu’il faut réaliser. »

Et ce nouveau projet urbain ne remettra pas en cause le réaménagement des boulevards, c’est promis. « Le projet des boulevards sera revu au niveau du calendrier en raison des impacts financiers, en revanche l’intention de faire des boulevards un lieu de vie prend tout son sens dans ce contexte, assure Nicolas Florian. Les boulevards, ce n’est pas que la mobilité, ça doit être un espace de vie mixte. »