Violette Spillebout, candidate (LREM) à la mairie de Lille.
Violette Spillebout, candidate (LREM) à la mairie de Lille. — Sarah Alcalay / SIPA

INTERVIEW

Municipales 2020 à Lille : « Il faut libérer les initiatives dans cette ville », avance Violette Spillebout

Propos recueillis par Gilles Durand

Avant le second tour des municipales le 28 juin, « 20 Minutes » interroge les candidats encore en lice. Violette Spillebout, investie par LREM, répond à nos questions

  • Après le premier tour des élections municipales le 15 mars, il reste trois candidats à la mairie de Lille : Martine Aubry (PS), Stéphane Baly (EELV) et Violette Spillebout (LREM).
  • Arrivée en 3e position avec 17,5 % des suffrages exprimés, Violette Spillebout fait figure d’outsider.
  • La candidate veut « libérer les initiatives » et « assouplir les contraintes que ressentent aujourd’hui les artisans et les commerçants ».

Elle veut incarner une « nouvelle offre politique ». L’ancienne cheffe de cabinet de Martine Aubry, Violette Spillebout, est devenue son adversaire politique lors de cette élection. Investie par le parti présidentiel (LREM), elle espère réunir les voix des opposants à la maire de Lille lors de ce second tour des municipales pour la déboulonner. Mais avec 17,5 % au premier tour, le 15 mars, la tâche s’annonce ardue.

Qu’a changé le confinement dans la campagne ?

On a vu les inégalités se creuser entre les petits commerces et les gros, entre les gens qui n’ont pas d’emploi et les salariés. Les 170 mesures que nous proposons ne sont pas nouvelles, mais la conjoncture fait que nous avons placé les priorités sur l’accès au soin et la protection des plus fragiles.

Quelle sera votre ligne directrice si vous êtes élue ?

Nous voulons libérer les initiatives. Beaucoup de solidarités se sont manifestées dans tous les domaines, ces dernières semaines. La mairie doit être au service de l’entreprenariat. Il faut assouplir les contraintes que ressentent aujourd’hui les artisans et les commerçants de cette ville.

Quelle sera votre mesure la plus emblématique ?

La première mesure que nous allons mettre en place, c’est l’« accessibus ». Il s’agit d’un véhicule qui ira au-devant des habitants, dans tous les quartiers, pour faciliter les démarches administratives.

Violette Spillebout, candidate LREM à la mairie de Lille, sur un marché.
Violette Spillebout, candidate LREM à la mairie de Lille, sur un marché. - Sarah Alcalay / SIPA

Comment abordez-vous le second tour ?

Nous sommes en configuration de post-crise. Le gouvernement a eu un travail difficile qu’il a bien mené. On sent un moment historique pour Lille. Le changement est possible et j’incarne cette nouvelle offre politique. II faut mobiliser les électeurs, même si c’est difficile dans les conditions actuelles. Certaines personnes ne connaissent même pas encore la date du second tour.

Justement, comment analysez-vous l’abstention très forte au premier tour ?

Vingt ans de pouvoir de la maire ont éloigné les Lillois de la politique. Martine Aubry est trop clivante. Dans ses premiers mandats, elle a su redonner une dynamique dans les quartiers, mais aujourd’hui, ce souffle est coupé.

Qu’est ce qui va faire l’élection ?

C’est la personnalité. Les municipales sont une marque d’attachement des électeurs à leur maire. Or, son score, moins de 30 %, montre qu’elle est désavouée. Il y a eu une cassure lors du dernier mandat. Elle a gouverné de façon autoritaire, notamment sur des dossiers comme le plan de circulation et les rythmes éducatifs.

Selon vous, quel est le principal point noir de la ville ?

Elle a pris beaucoup de retard sur la transition écologique, la mobilité douce et le zéro déchet. Par ailleurs, je vais faire de la circulation à Lille une priorité. Le plan de circulation sera changé car il représente un non-sens et le symbole d’une opposition entre les piétons, les cyclistes et les automobilistes.

Cela risque de redonner une place plus grande à la voiture…

Non, le projet de piétonisation du centre-ville et du Vieux-lille, que nous proposons, doit, au contraire, réduire cette place de la voiture. Mais il faut offrir une alternative qui soit à la hauteur. Par exemple, il n’y a pas assez de stations V’Lille à Bois-Blanc pour des entreprises comme Euratechnologie. Idem à Lille-Sud pour la population. Nous allons travailler avec la métropole de Lille sur le sujet.

Comment comptez-vous collaborer avec la métropole qui regroupe effectivement beaucoup de compétences que n’ont plus les villes ?

La ville ne doit pas être seule et isolée face à la métropole. Or, le mépris de Lille vis-à-vis des petites communes a parfois conduit à un isolement. J’ai de bonnes relations avec Gérald Darmanin [réélu maire de Tourcoing] et Guillaume Delbart [actuel maire de Roubaix]. Ce sont de nouveaux visages et ils entretiennent de bonnes relations avec l’Etat. C’est important pour faire avancer les dossiers. Il faut une meilleure entente entre les quatre grandes communes que sont Lille, Roubaix Tourcoing et Villeneuve d’Ascq.

En quoi vous allez diriger différemment la mairie ?

Je ne veux pas être happée par la technocratie. Je m’engage à être la moitié du temps à l’extérieur de la mairie pour rester connecter avec la population. Pour cela, il faut savoir déléguer son pouvoir aux conseillers municipaux.