Municipales 2020 à Rennes : Carole Gandon allume les écologistes au sujet des violences policières

ELECTIONS La candidate de La République en marche a critiqué le soutien de la liste de Matthieu Theurier à la manifestation de samedi

Camille Allain

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Carole Gandon, candidate La République en marche aux élections municipales à Rennes, ici le 8 juin 2020.
Carole Gandon, candidate La République en marche aux élections municipales à Rennes, ici le 8 juin 2020. — C. Allain / 20 Minutes

Partout en France, partout dans le monde. Samedi, de nombreux rassemblements ont été organisés en soutien à George Floyd, un Afro-Américain tué lors d’un contrôle de police le 25 mai à Minneapolis, aux Etats-Unis. A Rennes, environ un millier de personnes ont défilé dans les rues contre le racisme derrière des slogans appelant à mettre fin aux « violences policières ». Dans les rangs de la manifestation, la famille de Babacar Gueye, un homme tué lors d’une intervention de la brigade anticriminalité à Rennes en 2015.

Interdit par la préfecture en raison de la crise sanitaire, le rassemblement avait reçu le soutien de la liste Choisir l’écologie pour Rennes, emmenée par Matthieu Theurier et qui vient de fusionner avec la maire sortante Nathalie Appéré en vue du second tour des élections municipales. Un soutien qui n’est pas du goût de leur opposante Carole Gandon. Après avoir rédigé une tribune ce week-end, la candidate de La République en marche​ s’en est de nouveau prise aux écologistes ce lundi matin lors d’un rendez-vous avec la presse. « Je regrette la posture manichéenne des élus et candidats EELV qui ont soutenu sans nuances la manifestation interdite de samedi », a-t-elle déclaré dans un texte au vitriol lu face aux journalistes.

« Porter la rhétorique du racisme d’Etat »

Dans sa prise de position, la candidate s’en prend à plusieurs membres de la liste écologiste, les accusant de « porter la rhétorique du racisme d’Etat » et d’adhérer aux thèses de « privilège blanc » et critiquant la prise de position de Priscillia Zamord au sujet de « l’écologie décoloniale ». Mais c’est avant tout à la maire sortante que Carole Gandon s’adresse. « Madame Appéré ne s’est jamais désolidarisée de ces propos qui relèvent de la rhétorique portée par le parti des Indigènes de la République », attaque la candidate. «  Le racisme​ existe en France, y compris chez certains policiers, et il doit être combattu par tous les moyens. Mais l’immense majorité des policiers nationaux comme municipaux fait son travail dignement, avec courage et abnégation », estime la candidate.

Dans un texte publié samedi, la liste écologiste avait apporté son soutien à la manifestation organisée samedi et notamment « à toutes les victimes de ces discriminations et de ces violences ». Le groupe emmené par Matthieu Theurier concluait : « il est enfin temps qu’en France, il soit possible d’avoir un réel débat apaisé sur ces sujets et de trouver des solutions pour que l’égalité entre tous les concitoyens soit effective ».

Créditée de 14 % des suffrages au premier tour de l’élection municipale à Rennes, la candidate Carole Gandon se maintient au second tour. Elle y affrontera le candidat de la droite et du centre Charles Compagnon, qui avait réalisé un score de 12 %, et la liste d’union de la gauche emmenée par Nathalie Appéré, dont les scores cumulés sont estimés à 59 % (32 % pour Nathalie Appéré et 25 % pour Matthieu Theurier).