Municipales 2020 en Paca : Arles, Aix-en-Provence, Avignon... Les villes à suivre

MUNICIPALES Dans plusieurs grandes villes de la région Paca, le match du second tour des municipales s’annonce historique

Mathilde Ceilles

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Illustration d'Aix-en-Provence
Illustration d'Aix-en-Provence — CLEMENT MAHOUDEAU / AFP
  • Depuis mardi soir, l’ensemble des candidats au 2e tour des élections municipales est connu.
  • Quelles seront les forces en présence à Aix-en-Provence, Avignon ou Arles ? On décrypte tout ça.

Et si le second tour des élections municipales de 2020 marquait un tournant ? Dans plusieurs grandes villes de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, compte tenu des résultats parfois surprenants du premier tour, tout laisse à penser que ce scrutin un peu particulier va ouvrir une nouvelle page dans l’histoire politique de ces communes. Tour d’horizon des points chauds à suivre le soir du 28 juin.

Aix-en-Provence, dernier espoir de LREM

Dans les instances dirigeantes du parti présidentiel, les regards sont braqués vers Aix-en-Provence. Il faut dire que la sous-préfecture des Bouches-du-Rhône représente une des rares conquêtes possibles pour LREM, alors que ses chances de victoire pour ces municipales sont plus que maigres sur le plan national. Rien n’est joué toutefois. La députée LREM Anne-Laurence Petel n’est arrivée qu’en seconde position lors du premier tour, avec 20,45 % des voix.

La parlementaire est venue fragiliser, sans forcément faire vaciller, la maire sortante LR Maryse Joissains-Masini, qui est arrivée en tête avec 30,28 % des voix, malgré des déboires judiciaires qui ont entaché la campagne de l’édile. Un troisième challenger, en la personne de Marc Pena, candidat DVG, s’est de son côté qualifié pour le second tour avec 15,88 % des voix.

Des alliances ont bien tenté d’aboutir pour contrer la toute-puissance de Maryse Joissains, notamment entre Anne-Laurence Petel et son suppléant à l’Assemblée nationale, le candidat EELV Dominique Sassoon, arrivé en quatrième position. En vain. « Mon suppléant était ouvert à cette fusion, mais pas les cadres nationaux du parti, soupire la députée. Je regrette cette attitude. »

Arles, du communisme à Patrick de Carolis ?

Bastion communiste, Arles, sous-préfecture des Bouches-du-Rhône, voit son jeu politique rebattu. Au casting de ces élections quelque peu surprenantes, l’ancien président de France Télévisions Patrick de Carolis (sans étiquette), en tête au premier tour, avec 26,4 % des voix, devant le successeur du maire communiste sortant, Nicolas Koukas (21,2 %). Le week-end dernier, le candidat LR, Cyril Juglaret, qui avait rassemblé 15,3 % des suffrages, a annoncé son retrait au profit de Patrick de Carolis, afin d’empêcher la gauche de l’emporter. L’ancien homme de télévision revendique « une fibre sociale » pour « sortir la ville du marasme » et se présentait en tête d’une liste sans étiquette.

Son rival Nicolas Koukas, 44 ans, est élu depuis 18 ans et successeur désigné par le maire sortant, Hervé Schiavetti, en poste depuis 2001. Héritier de la municipalité communiste sortante, il s’en démarque toutefois, affichant une liste « renouvelée à 80 % », une « équipe ouverte, progressiste, issue du Parti socialiste, des écologistes et même des gens du centre droit »… et comptant seulement deux communistes encartés.

Une quadrangulaire à Avignon

A Avignon, les électeurs auront finalement à choisir entre quatre listes. En tête des suffrages au premier tour, avec 34,46 % des suffrages, la maire socialiste sortante, Cécile Helle, n’a pas donné suite à un possible accord avec son adversaire EELV, Jean-Pierre Cervantes. Cet ancien membre de sa majorité avait raflé pas moins de 15,56 % des suffrages et se présentera donc contre elle.

A droite, la candidate RN, Anne-Sophie Ringault, arrivée en seconde position avec 21,53 %, a fait des appels du pied au candidat LR Michel Bissière et ses 11,44 %. Mais ils partiront bel et bien dans des couloirs séparés pour tenter de rafler le fauteuil de maire à Cécile Helle, qui reste largement favorite dans une telle configuration

La patrie de Christophe Castaner bientôt à droite ?

A Forcalquier, ces élections municipales sont un peu particulières. Pour la première fois depuis longtemps, le nom de Christophe Castaner n’apparaît sur aucune des listes. Elu maire socialiste de la sous-préfecture des Alpes-de-Haute-Provence en 2001, Christophe Castaner a cédé son fauteuil à un de ses adjoints en juillet 2017 pour se consacrer entièrement à ses toutes nouvelles fonctions ministérielles. Toujours conseiller municipal, le ministre de l’Intérieur a décidé de profiter de ces élections pour définitivement abandonner tout mandat local. Cette décision ouvre une nouvelle page dans l’histoire de la commune, d’autant plus que son remplaçant, Gérard Avril, a décidé de ne pas rempiler.

Chose étonnante, dans la ville d’un des cadres historiques LREM, aucun candidat ne porte les couleurs du parti présidentiel, ni ne revendique cette filiation. Mais l’ombre du ministre de l’Intérieur plane sur ces élections. Deux candidats sont au coude à coude, avec seulement six voix d’écart. D’un côté, Dominique Rouanet, à la tête d’un mouvement citoyen, ancien adjoint déçu de Castaner, a raflé 41,82 % des suffrages. Son adversaire, le conseiller régional LR David Géhant, opposant de Castaner depuis des années, a de son côté convaincu 42,09 % des électeurs.

Le pari incertain du RN à Carpentras

Ancien fief de Marion Maréchal-Le Pen, députée de ce secteur avant que la secrétaire d’Etat Brune Poirson ne la batte sur ses terres en 2017, la commune de Carpentras faisait partie des espoirs affichés du Rassemblement national pour ces municipales. Le premier tour a toutefois quelque peu contredit les pronostics du parti de Marine Le Pen. Certes, le général Bertrand de la Chesnais, soutenu par le RN mais pas issu de ses rangs, stratégie assumée par le parti, s’est qualifié pour le second tour avec 30,88 % des voix. Mais il s’est classé derrière le maire sortant divers gauche Serge Andrieu (35,85 %).

Dans ce long entre-deux tours, Bertrand de la Chesnais a tenté de nouer une alliance avec son adversaire LR, Claude Melquior. Mais après des semaines de discussion, Claude Melquior a décidé de partir seul, fort de ses 17,38 %. Pour cette élection, Bertrand de la Chesnais peut toutefois compter sur le soutien affiché d’une personnalité politique importante à Carpentras : l’ancien maire UMP de la commune, Jean-Claude Andrieu.