Municipales 2020 à Clermont-Ferrand : La droite et LREM s'allient à la dernière minute pour battre le PS

ELECTIONS Cette union relance la campagne face au maire PS sortant, Olivier Bianchi, arrivé largement en tête au premier tour

C.G. avec AFP

— 

Clermont-Ferrand, illustration 
Clermont-Ferrand, illustration  — JAUBERT/SIPA/121
  • A Clermont-Ferrand, les candidats LR et LREM ont noué une alliance au dernier moment.
  • Ils espèrent ainsi battre le maire sortant PS Olivier Bianchi, arrivé en tête du premier tour.
  • Ce dernier devra se passer de l’appui de la France Insoumise qui partira seule pour le second tour.

Comme à Lyon, Strasbourg ou Bordeaux, les candidats LR et LREM ont conclu une alliance de dernière minute à Clermont-Ferrand, relançant la campagne des municipales face au maire PS sortant, Olivier Bianchi, arrivé largement en tête au premier tour (38 %).

Le candidat LREM Eric Faidy (15,54 % au premier tour), cadre chez Michelin de 59 ans, a conclu une alliance avec le LR Jean-Pierre Brenas (20,74 %) qui mènera la liste fusionnée dans ce bastion socialiste historique.

« Nous avons décidé avec Jean-Pierre Brenas de continuer à porter le projet qui m’anime pour faire de Clermont une ville verte, solidaire, qui rayonne. Il était important de porter ce projet de façon aussi large que possible, après la crise du Covid que nous avons traversée », a réagi Eric Faidy.

L’investiture LREM remise en cause ?

« Je me suis inscrit dans le mouvement de refonte de la vie politique d’Emmanuel Macron. Je ne sais pas si l’investiture de cette liste (par LREM) sera confirmée au deuxième tour », a-t-il toutefois reconnu.

A Lyon, l’alliance du maire sortant Gérard Collomb avec la droite avait ulcéré nombre de cadres du parti présidentiel et conduit LREM à lui retirer l’investiture dans une région dirigée par Laurent Wauquiez. En Auvergne, des voix commencent d’ailleurs à émerger, réclamant le même sort pour Eric Faidy.

« De cette décision, que nous considérons comme personnelle et relevant de basses manœuvres politiques ourdies dans le dos des représentants locaux du parti présidentiel, nous exigeons que cette liste fusionnée ne puisse se prévaloir du soutien de La République en Marche pour ne pas tromper notre électorat », écrivent mercredi matin la députée LREM du Puy-de-Dôme Valérie Thomas avec le référent du parti dans le département.

« Une alliance d’opportunité »

« Nous regrettons profondément le choix personnel de quelques colistiers LREM qui va à l’encontre des valeurs du mouvement créé par le président de la République », ajoutent-ils.

De son côté, Jean-Pierre Brenas, qui siège au conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes dans la majorité de Laurent Wauquiez, a indiqué laconiquement sur Twitter qu’il se mettait « provisoirement en retrait de [sa] famille politique » le temps de la campagne.

Pour sa part, le maire sortant Olivier Bianchi a raillé une « alliance d’opportunité », qui est pour lui davantage synonyme de « confusion » que de fusion.

Il devra désormais tenter de l’emporter avec sa liste de gauche unie PS/EELV/Générations/PCF, où manquera toutefois La France insoumise. La candidate de LFI Marianne Maximi (12,31 % au premier tour) partira seule pour le second tour, regrettant que le maire sortant ait choisi de « rompre avec la tradition de la gauche clermontoise qui savait faire front face à la droite et à l’extrême droite ».

« Je veux des alliances de projet. J’ai proposé plusieurs fois à La France insoumise de participer à l’exécutif mais ils refusent », a conclu Olivier Bianchi.