Municipales 2020 à Nantes : « Cette union n'est pas qu'un accord politique pour gagner », jurent PS et Verts

POLITIQUE Johanna Rolland et Julie Laernoes ont officialisé, mardi après-midi, la fusion PS et EELV pour le deuxième tour des municipales à Nantes

Julie Urbach

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Johanna Rolland et Julie Laernoes ont officialisé la fusion de leurs listes, ce mardi après-midi à Nantes
Johanna Rolland et Julie Laernoes ont officialisé la fusion de leurs listes, ce mardi après-midi à Nantes — S. Salom Gomis/ SIPA
  • Partis chacun de leur côté, PS et Verts ont finalement choisi de fusionner à Nantes.
  • Pour régler les points de divergence, une liberté de vote a été donnée à EELV, qui disposera de dix postes d'adjoints sur 26 en cas de victoire.

Cela faisait longtemps qu’on ne les avait pas vues côte à côte. Après être parties dans la campagne chacune de leur côté, Johanna Rolland et Julie Laernoes ont officialisé, ce mardi après-midi, la fusion de leurs listes en vue du second tour des élections municipales à Nantes. Comme en 2014 et malgré de fortes divergences, la maire sortante PS et son ancienne adjointe EELV, arrivées en première et troisième places le soir du 15 mars, ont finalement trouvé un terrain d’entente, leur assurant la victoire sauf incroyable surprise. « Ce n’est pas qu’un accord politique pour gagner l’élection, prévient Johanna Rolland, répondant indirectement aux nombreuses critiques qui s’élèvent depuis la conclusion de cet accord. Nous allons bien au-delà, avec un véritable contrat de mandat. »

Il n’empêche qu’avec plus de onze points d’avance au premier tour, c’est bien Johanna Rolland qui donne le ton de cette liste « Ensemble Nantes en confiance ». Si elle partage « l’impératif écologique » ou « la rénovation démocratique » avec sa nouvelle ancienne alliée, elle n’a quasiment rien lâché sur ses propositions emblématiques qui déplaisaient tant aux Verts. Sur cinq points majeurs de divergence (l’Arbre aux Hérons, le CHU, la vidéoprotection, le nouveau franchissement de Loire, le stationnement voiture autour de la gare), Julie Laernoes a finalement obtenu… une liberté de vote au conseil municipal.

Des compromis

« Il faut tout de même noter que 60 % de nos propositions se retrouvent parmi les 323 qui composent notre programme », se défend celle qui se verra confier la vice-présidence à l’énergie, au climat, et à la transition alimentaire si elle remporte l’élection. Parmi celles-ci, citons la création d’une coopérative alimentaire, un moratoire sur la 5G en attendant un débat, l’organisation d’un dimanche sans voiture par mois, ou la création de centres pluridisciplinaires de santé dans les quartiers visant à désengorger les urgences. Quelques victoires alors que le recrutement de 70 policiers municipaux ou encore la gratuité des transports le week-end, des propositions fortes de Johanna Rolland dont Julie Laernoes était beaucoup moins fan, ont été maintenues.

Pour séduire les Verts, qui ont longtemps hésité à se tourner vers le camp de Nantes en commun, la maire socialiste a toutefois fait quelques compromis, par exemple en acceptant de mettre en suspens le projet d’extension de la Cité des congrès ou encore la réalisation des parkings souterrains à la Petite-Hollande et d’agrandissement de celui de la Cathédrale. Mais surtout, elle a su mettre de côté les questions de personnes : les colisiters Christophe Jouin et Florian Le Teuff, parfois très virulents envers Johanna Rolland, figurent sur la liste d’union. Il est même promis au deuxième une place d’adjoint, parmi les dix postes sur 26 qui reviendront aux écolos, en cas de victoire. « La liste a été constituée en fonction du vote des Nantais et du résultat du premier tour, indique Johanna Rolland. Je respecte la démocratie. C’est un choix assumé. »

« Ne pas attendre »

Alors que les deux femmes promettent « une gouvernance rénovée », Julie Laernoes a aussi obtenu de pouvoir garder un oeil sur les grands projets (type Yellopark !), même s’ils ne concernent pas ses délégations. Elle a aussi reçu l’assurance que ce mandat se fera davantage « avec les habitants » (grâce à la création d’un budget participatif notamment), afin de combler ce que la candidate écolo estimait comme une lacune de ses six dernières années. « La crise sociale et écologique ne peut pas attendre, estime celle qui dit « rester fidèle à ses valeurs ». Etre ici est un moyen de les concrétiser, et même avec des désaccords. Les défis sont énormes. Il faut s’engager collectivement pour faire bouger les choses. »

Une triangulaire

Le 28 juin, les électeurs nantais auront à choisir entre la liste PS-EELV, celle de Laurence Garnier (LR), et celle de la candidate LREM Valérie Oppelt. Les discussions entre ces deux listes n’ont rien donné.