Municipales 2020 à Lille : Vers une triangulaire sans fusion ni consigne de vote

POLITIQUE La maire sortante, Martine Aubry, devrait affronter les candidats d’EELV et de LREM au second tour, fin juin

Mikaël Libert

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Une partie des candidats aux municipales à Lille a participé au débat.
Une partie des candidats aux municipales à Lille a participé au débat. — M.Libert / 20 Minutes
  • On s’oriente vers une triangulaire PS – EELV – LREM au second tour des municipales à Lille.
  • Les écologistes et la maire sortante n’ont pas réussi à s’entendre.
  • Les candidats LR et LFI ne fusionneront avec personne et n’ont donné aucune consigne de vote.

Chacun reste chez soi. Après une longue trêve en raison du confinement, la course au beffroi de Lille a bel et bien repris. Une course qui ressemble d’avantage a une guéguerre à coups de communiqués acerbes et de tweets vengeurs, disputée entre le camp de la maire sortante, Martine Aubry, et celui du candidat écologiste, Stéphane Baly. Les absents du second tour, eux, se gardent bien de donner, pour l’instant du moins, une quelconque consigne de vote à leurs électeurs.

Depuis ce week-end, le divorce semble donc largement consommé entre Martine Aubry (PS – 29,8 %) et Stéphane Baly (EELV – 24,5 %). On ne saura sans doute jamais qui de la poule ou de l’œuf, chaque camp accusant l’autre d’avoir fait capoter les négociations en vue d’une fusion des listes pour le deuxième tour. Avec la candidate LREM, Violette Spillebout (17,5 %), en embuscade, on a de grandes chances de gagner en pariant que les Lillois auront à choisir entre trois listes le 28 juin prochain.

Une fusion EELV – PS à la dernière minute ?

Officiellement, les jeux ne seront faits que mardi, à 18h, dernier délai pour déposer les candidatures. Et l’Histoire nous enseigne que, depuis l’accession de Martine Aubry au poste de maire de Lille, en 2001, un accord a toujours été trouvé, même au dernier moment, entre le PS et les écologistes. Pourtant, à chaque fois, les Verts auraient pu se maintenir, même s’ils n’avaient jamais obtenu un score aussi élevé que Stéphane Baly au premier tour.

Du côté des grands perdants du 15 mars dernier, l’avenir est un peu flou. Dès que le gouvernement a annoncé l’organisation du second tour le 28 juin, Marc-Philippe Daubresse (LR – 8,24 %) est monté sur ses grands chevaux pour protester contre cette décision. « Faire voter en juin dans les zones rouges relève de la non-assistance à personnes en danger ! », a-t-il twitté le 21 mai dernier. Le sénateur ne cachait pas son envie de se représenter si le premier tour avait dû être annulé. En attendant, il assume de ne fusionner avec personne et n’a, à ce jour, pas encore donné de consigne de vote à ses 3.274 électeurs.

Julien Poix attend de voir pour donner ses consignes

L’autre déçu du premier tour, c’est Julien Poix, le candidat de LFI, qui n’a pas su passer la barre de 10 % (8,84 %). Pour la suite, ce dernier à le mérite d’être au moins clair sur un point : « Nous le disons donc haut et fort : pas une voix ne doit aller à Mme Spillebout ! », a-t-il écrit, dimanche. Julien Poix affirme avoir rencontré Stéphane Baly et Martine Aubry pour évoquer le second tour. « Les échanges avec les deux listes n’ont pas abouti sur un consensus au sujet des nouveaux outils démocratiques que nous proposons », a-t-il déploré, ajoutant qu’il n’y aurait de fusion avec ni l’un, ni l’autre.

Julien Poix a néanmoins laissé entendre qu’il pourrait inciter ses électeurs à voter Aubry ou Baly le 28 juin en fonction « des positionnements pris par les autres listes sur les propositions que nous avions portées au premier tour. » Il y a 3.512 voix à récupérer de ce côté.