Municipales 2020 à Strasbourg : Un appel pour une alliance Barseghian-Trautmann, Fontanel veut « dépasser les logiques d'étiquette »

ELECTION Avant la date limite des dépôts de liste ce mardi, aucun candidat n'a annoncé d'alliance

Thibaut Gagnepain
— 
Un électeur sur le point de voter à Strasbourg, lors des élections municipales, en 2014.
Un électeur sur le point de voter à Strasbourg, lors des élections municipales, en 2014. — VARELA/20 MINUTES/SIPA
  • Jeanne Barseghian va-t-elle s’allier avec Catherine Trautmann en vue du deuxième tour des municipales le 28 juin ? La réponse tarde à venir.
  • Aucun accord n’a été officialisé entre la candidate écologiste et la tête de liste socialise. Cela a poussé, samedi, des personnalités associatives, universitaires et militantes de gauche à lancer à un appel à une fusion des deux listes.
  • Le candidat LREM et actuel premier adjoint, Alain Fontanel, « souhaite porter l’alliance indispensable entre l’économie et le social ». Il a aussi appelé à dépasser les clivages. Une manière de rassembler et de s’unir avec Jean-Philippe Vetter voire Catherine Trautmann ?

Quels seront les candidats au deuxième tour des municipales à Strasbourg ? Qui fusionnera ? Ou à l’inverse, pourquoi ces têtes de liste n’auront pas trouvé d’accord ? Toutes ces questions seront levées ce mardi 2 juin, date limite des dépôts de liste partout en France.

Dans la capitale alsacienne, un rapprochement entre Jeanne Barseghian et Catherine Trautmann est évoqué depuis la fin du premier tour. La représentante écologiste, en tête le 15 mars avec 27,87 % des suffrages, a même officialisé ces contacts la semaine dernière avec la socialiste (19,77 %). « J’ai tendu la main à Catherine Trautmann, j’ai pris attache avec elle, et je souhaite que nous puissions nous rassembler », avait-elle expliqué vendredi.

« Rassemblement de la gauche sociale et écologiste »

Depuis ? Aucun accord n’a été annoncé. C’est peut-être ce qui a encouragé, samedi, une vingtaine de personnalités de gauche à lancer un appel en faveur de ce rapprochement. « Au-delà de quelques nuances, les programmes de Jeanne Barseghian et de Catherine Trautmann ont des points communs indéniables. Pourtant, à quelques heures de la clôture du dépôt des listes, l’union peine à se réaliser. Qu’est-ce qui empêche l’union puisque les idées sont très largement compatibles ? Nous ne comprenons pas. Des mains ont été tendues. Elles n’ont pas été encore saisies. Pourquoi ? », s’interrogent-ils dans ce texte.

Toutes les signataires, issus du monde associatif, universitaire et militant de Strasbourg réclament donc « un rassemblement de la gauche sociale et écologiste ». « Peut-on laisser la capitale alsacienne tomber dans les mains de LaREM, ce qui constituerait sa seule et unique victoire d’envergure lui permettant de mettre en œuvre un projet libéral allant à l’encontre de l’intérêt des populations, notamment des milieux populaires ? », écrivent-ils encore, en référence à Alain Fontanel.

« L’alliance indispensable entre l’économie et le social »

L’actuel premier adjoint, arrivé deuxième au premier tour avec 19,86 % des suffrages, pourrait faire alliance avec Jean-Philippe Vetter (LR, 18,26 %) voire… Catherine Trauttmann. Dans la lettre qu’il a adressée vendredi aux Strasbourgeois.es, il « souhaite porter l’alliance indispensable entre l’économie et le social ». Et semble faire un petit appel du pied à la candidate socialiste : « Plus que jamais, le clivage qui compte n’est pas celui entre les partis ou entre la gauche et la droite. Le clivage qui compte est celui qui sépare celles et ceux qui sont prêts à prendre leurs responsabilités et à se dépasser pour répondre à l’urgence et ceux qui ne le sont pas ».

Alain Fontanel veut-il lancer un vaste rassemblement afin de conquérir la mairie et éviter la vague verte ? « Dépasser les logiques d’étiquette au service de Strasbourg et pour un projet de redressement et de rayonnement durable […] Ce dépassement j’y suis prêt, sur la base d’un projet ambitieux et d’un sens des responsabilités partagé », conclut-il.