Municipales 2020 à Montpellier : Les Verts annoncent leur soutien à Michaël Delafosse

ELECTIONS Les Verts et Coralie Mantion ont annoncé leur soutien au socialiste Michaël Delafosse (Union de la gauche)

Jérôme Diesnis

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Michaël Delafosse et Carolie Mantion, unis autour de l'écologie.
Michaël Delafosse et Carolie Mantion, unis autour de l'écologie. — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse
  • Les Verts, arrivés sixièmes au premier tour des élections municipales à Montpellier, ont rejoint la liste d’union de la gauche de Michaël Delafosse (PS).
  • Trois autres listes éliminées au premier tour (portées par Rémi Gaillard, Alenka Doulain et Clotilde Ollier) ont décidé d’entamer, en commun, des discussions avec les candidats qualifiés pour le second tour. Elles ont rencontré Mohed Altrad puis Michaël Delafosse qu’elles doivent revoir ce vendredi.
  • 3.000 voix seulement séparaient les trois candidats qualifiés pour le second tour (Philippe Saurel, Michaël Delafosse et Mohed Altrad).

Battus au premier tour des municipales, les Verts ont annoncé leur soutien au socialiste Michaël Delafosse. Le leader du PS à Montpellier est à la tête d’une liste d’union de la gauche, arrivé deuxième du premier tour des élections municipales dans la préfecture de l’Hérault. « Il y a des points de divergence mais beaucoup de points de convergence. Notre démarche a été simple. On a regardé le programme qui se rapprochait le plus du nôtre, détaille Coralie Mantion, tête de liste d’EELV arrivée sixième au premier tour (7,42 %). On a commencé à discuter sur un nouveau projet en commun que nous voulions présenter aux Montpelliérains. Pour que Montpellier soit plus verte plus résiliente, une ville à taille humaine ».

« Nous avons fait tous les deux fait campagne sur des idées et sur des valeurs », confirme Michaël Delafosse qui se positionne en premier challenger face au maire sortant, Philippe Saurel (DVG). Trois listes ont réussi à dépasser la barre des 10 % de suffrages exprimés au premier tour des élections municipales le 15 mars. Elles sont en lice le 28 juin, pour le second. Le maire sortant Philippe Saurel (DVG) est arrivé en tête, mais affaibli (19,11 %). Il est talonné par Michaël Delafosse (16,66 %) et par le chef d’entreprise (DIV) Mohed Altrad (13,30 %).

Cinq listes an capacité de fusionner

3.000 voix seulement séparent les trois candidats à l’issue d’un premier tour perturbé, comme partout en France, par une forte abstention (34,61 % de votants) en pleine pandémie de coronavirus. C’est autant sa capacité à faire l’union que le comportement des abstentionnistes, qui déterminera l’identité du futur maire. « Pour redresser la ville, ils doivent arrêter de bomber le torse et se parler », estime Patrick Vignal (LREM), l’un des cinq battus en position de fusionner (ceux qui ont obtenu entre 5 et 9,99 % des voix) d’ici au 2 juin, date de la clôture du dépôt des listes au second tour.

Outre celle de Vignal et Mantion, les listes Doulain (DVG), Ollier (ECO) et Gaillard (DIV) peuvent aussi jouer un rôle. Elles pèsent à elles trois 26,08 % des suffrages au premier tour (soi 13.530 voix) : elles ont décidé de présenter une plateforme commune. Sept idées présentées à Mohed Altrad, puis Michaël Delafosse. « Ma démarche a toujours été de rassembler. J’ai lu les sept points, ils figurent dans notre programme. Ma porte est grande ouverte, souligne le candidat socialiste. Je suis un homme de dialogue, d’écoute et de conviction. Je souhaite rassembler. On a besoin de toutes les bonnes volontés ».

Nous Sommes accepte la discussion avec Mohed Altrad, La France insoumise s’étouffe

Pour le moment, les trois battus du premier tour n’ont pas rencontré Philippe Saurel, mais ne l’excluent pas. « La discussion, oui, les arrangements de couloir, non », a précisé Nous Sommes (Alenka Doulain).

Le mouvement Confluence, soutien de Clotilde Ollier, composé essentiellement de membre de La France insoumise, a failli s’étouffer en apprenant que ces trois candidats, dont celui qu’il avait soutenu au premier tour, puissent laisser la porte ouverte à Philippe Saurel ou Mohed Altrad… « Il est hors de question d’amorcer un quelconque dialogue ou de quelconques négociations avec la liste menée par le macroniste et fossoyeur de notre ville Philippe Saurel, ni de discuter pour monter une liste "Merci Patron" avec le milliardaire Altrad. Comment est-il possible d’écrire que l’on peut envisager de "cogérer la ville" », s’indigne Confluence.

A gauche, fort réservoir de voix et fortes dissentions

Le réservoir des voix semble favorable à Delafosse. Mais l’addition à gauche est loin d’être mathématique. La France Insoumise s’est déchirée toute la campagne entre Doulain et Ollier… à qui les Verts ont retiré l’investiture avant de l’attaquer en justice. Tant de rancœur accumulée peut-elle s’effacer comme par magie au point de les retrouver sur la même liste au second tour ?

« Bien sûr, s’ils se retrouvent dans notre projet, ils seront les bienvenus, explique Coralie Mantion. J’aime bien faire le parallèle avec l’équipe de France de foot de 1998. Tous les joueurs n’étaient pas forcément amis, mais ils ont quand même gagné. On est professionnels, on n’est pas obligé d’être amis, mais quand on a le même objectif, on s’unit ». Reste à connaître la réaction des électeurs face à ces éventuelles réconciliations.