Municipales 2020 à Paris : Agnès Buzyn s’excuse pour la « mascarade » et exclut une alliance avec Rachida Dati

ELECTIONS La candidate LREM à la mairie de Paris fait son mea culpa après l’utilisation du mot « mascarade » à propos du premier tour des élections municipales. Pour le second tour, l’ex-ministre de la Santé se veut une alternative à Hidalgo et à Dati

F.H. avec AFP

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Agnès Buzyn, candidate LREM à la mairie de Paris, le 12 mars 2020.
Agnès Buzyn, candidate LREM à la mairie de Paris, le 12 mars 2020. — ISA HARSIN/SIPA

Fin de la mascarade ! Non, Agnès Buzyn ne renonce pas à mener la liste LREM au second tour des municipales à Paris. L’ex-ministre de la Santé vient de s’excuser pour l’utilisation de ce mot dans une interview au Monde, le 17 mars. « Le mot était certainement trop fort », relève l’ex-ministre de la Santé, qui s’exprime pour la première fois publiquement, dans une interview au Figaro publiée mercredi soir. « Je m’excuse de l''avoir utilisé ce mot. »

Mais, « j’ai été choquée de ces tractations inappropriées » alors que l’épidémie progressait, poursuit la Marcheuse, expliquant avoir eu, à l’époque, « l’intime conviction que le second tour ne pourrait pas avoir lieu ».

17,3 % des voix, « c’est un bon score »

Dans cette interview au Figaro, l’hématologue de formation, qui a annoncé mardi à la mi-journée rester candidate à la mairie de Paris, esquisse les contours de sa stratégie, refusant toute alliance avec LR avant le second tour. Pour rappel, Agnès Buzyn est arrivée troisième du premier tour le 15 mars avec 17,3 % des voix, loin derrière la maire PS sortante, Anne Hidalgo (29,3 %) et la candidate LR Rachida Dati (22,7 %). Elle manque d’une dynamique dans les arrondissements importants, et d’alliances.

« C’est un bon score par rapport à un match gauche-droite dans lequel certains ont voulu nous enfermer. Il y a bien une troisième force », se défend Agnès Buzyn, qui a remplacé au pied levé Benjamin Griveaux, démissionnaire après la divulgation d’une vidéo intime.

Interrogée sur ses faibles chances de devenir maire de Paris, la candidate promet de « tout faire pour faire gagner », sans apporter plus de précisions. « La majorité présidentielle doit peser au Conseil de Paris », tonne Agnès Buzyn. Une mission impossible, selon une alliée, qui estimait que le parti de la majorité présidentielle « pourrait n’obtenir que dix sièges de conseillers de Paris sur 163 ».

« Il n’y aura aucun accord d’appareil » avec LR

Face à la difficulté, certains travaillent à de nouvelles alliances à l’instar de la candidate dans le 5e arrondissement, Florence Berthout, ralliée à LREM, qui doit officialiser prochainement son alliance avec son ancienne famille politique, Les Républicains, ont rapporté des sources concordantes à l’AFP. Pas de quoi y voir une alliance globale : « Il n’y aura aucun accord d’appareil. Nous aurons une tête de liste dans chaque arrondissement », assure Agnès Buzyn, qui promet de représenter « l’opposition » si Rachida Dati (LR) est élue maire de Paris.

Le président des Républicains Christian Jacob a lui estimé qu’Agnès Buzyn n’avait « plus de crédibilité » et que « l’alternative c’est Rachida Dati ».

Sous protection policière

Pour peser, Agnès Buzyn tend de nouveau la main au candidat ex-LREM, Cédric Villani (qui a obtenu 7,8 % au premier tour), après des tractations infructueuses avant le premier tour. « C’est l’heure de nous retrouver », dit-elle, « nos électeurs ont envie d’apaisement et de rassemblement ».

Les discussions entre les deux camps « avancent bien », a assuré un proche d’Agnès Buzyn. Chez les Villanistes, l’heure est au choix entre ceux qui veulent s’allier avec LREM et ceux qui souhaitent rejoindre Anne Hidalgo.

En attendant le scrutin, l’ancienne ministre de la Santé, qui sera peut-être entendue dès juin, doit également préparer son audition devant les commissions d’enquête parlementaires sur la gestion de l’épidémie de Covid-19. « J’ai confiance », assure la candidate, qui, depuis ses déclarations, bénéficie d’une protection policière, qui devrait être plus présente à l’occasion de la campagne.